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Le Projet Démocratie

Par Olivier Starquit

 

AM70 p.10 StarquitTel est le titre en anglais du dernier opus de David Graeber publié en français sous le titre Comme si nous étions déjà libres[1]. Avant tout, rappelons que David Graeber est un anthropologue et militant anarchiste, auteur de Dette, 5 000 ans d’histoire (paru aux Liens qui Libèrent) qui préconisait d’effacer l’ardoise de l’endettement, et, entre autres, le promoteur du mouvement Occupy Wall Street. Le titre original de l’ouvrage permet en effet de mieux percevoir l’ampleur du propos de l’auteur. Si ,initialement, David Graeber donne l’impression de s’atteler à une description du mouvement Occupy Wall Street, de son apparition, de sa gestation et de sa portée, notamment en revenant sur les prémices et la manière dont le mouvement s’est constitué et en dévoilant comment ils ont abouti à leur slogan fédérateur (We are the 99% qui, en passant, réaffirme la prégnance et la vitalité de la lutte des classes volontiers rendue invisible par les tenants du statu quo), David Graeber accumule bien vite et avec beaucoup d’humour une multitude de faits, de données et d’analyses qui ont tôt fait d’élargir le champ et de montrer l’ampleur de la confiscation de la démocratie. Ainsi, sous couvert de présenter un manuel pratique et concret sur la meilleure manière de mener à bien un tel projet d’action directe (bref florilège des questions abordées : faut-il accepter d’avoir un contact avec la police ? comment faire avec les personnes qui perturbent une assemblée pour une raison ou une autre ? jusqu’à quel point peut-on avoir confiance dans la gauche progressiste ? fallait-il formuler des demandes précises et ainsi contribuer à la perpétuation du système politique existant ? pourquoi le mouvement impulsé par une jeunesse éduquée mais endettée a-t-il trouvé un écho dans la classe ouvrière américaine ?), il en vient rapidement et aisément à poser que les mouvements qui ont fleuri tant en Europe qu’aux États-Unis en passant par le Canada et le monde arabe sont la poussée d’une conception alternative de la politique, de la création d’une culture démocratique, de « la renaissance de l’imaginaire révolutionnaire, que les idées reçues ont depuis longtemps déclaré mort[2]. »

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Le livre : une arme idéologique

Une chronique de Julien Dohet

 

Les dernières élections municipales en France ont vu se confirmer la progression du Front National qui a réussi à se repositionner dans une dynamique électorale positive après quelques échecs. Le résultat a été la conquête de 11 mairies par les listes d’extrême droite. Immédiatement, le discours a tenu à préciser que les excès des années 90 ne seraient pas reproduits, et ce dans la logique de « normalisation » prônée par Marine Le Pen[1]. Comme sur d’autres sujets, le vernis de respectabilité s’est craquelé rapidement.

 

AM70 p.11 Dohet« L’affaire Monchaux »

Mediapart, qui a décidé d’effectuer une veille sur la gestion des villes dirigées par des maires FN ou apparentés, a révélé mi-juin que Marie-Dominique Desportes avait été engagée comme directrice générale des services du 7e secteur de Marseille. Il se fait que cette personne, à l’époque directrice des affaires culturelles et des activités d’animation à Marignane, fut au centre du processus de « rééquilibrage » du contenu des bibliothèques publiques qui sera effectué dans les années 90 avec l’élimination de livres et de journaux de « gauche » remplacés par de la littérature d’extrême droite et l’abonnement à Présent, National Hebdo et Rivarol. Cette politique, illustrative de la gestion de l’époque des villes FN, avait légitimement provoqué une importante polémique.

Loin d’être un coup de folie, il s’agissait d’une simple application de l’idéologie que l’extrême droite prône dans ses écrits et discours. Censurer des livres de gauche, sur l’homosexualité, qui présentent les civilisations étrangères de manière positive, y compris au niveau de la littérature enfantine relève d’une logique politique affirmée. Le livre Écrits pour nuire de Marie-Claude Monchaux[2] est particulièrement illustratif, lui qui sera à l’origine de ce que l’on a appelé « l’affaire Monchaux » au milieu des années 80. Durant trois ans, une virulente polémique sera entretenue après la publication de ce pamphlet[3] sur base de certains arguments évoqués dans le livre, mais aussi d’un activisme important auprès des bibliothèques. Ce nécessaire activisme est d’ailleurs plaidé par l’auteur : « Je tiens à spécifier que le 20 avril 1983, j’ai adressé une lettre au Président de contrôle des publications pour la jeunesse, Bureau des affaires judiciaires, 13 place Vendôme, Paris, en consignant les faits que je rapporte ici, et en précisant que ce livre se trouvait dans nombre de librairies, sans compter les bibliothèques enfantines où “il sort toujours” avec impunité. Je demandais l’attention de la commission et la suppression de cette seule page 116. Je ne dirai pas qu’on m’a bien ouvertement ri au nez, mais c’est tout comme[4] ! »

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Le mot de la présidente

Par Dominique Dauby, présidente des Territoires de la Mémoire

 

AM68 p.12 motdelaprésidenteDans les années 80, les « Unes » de certains médias autant que celles de certains agendas politiques s’inquiétaient déjà du devenir de la « culture occidentale », menacée par la culture arabo-musulmane. Le monde associatif et syndical se mobilisait pour le droit de vote des immigré/es sous les grincements de dents : « Vous voulez une mosquée à la place de la maison communale, c’est ça ? »

Les discours que nous lisons et entendons aujourd’hui, à quelques nuances près, ne diffèrent guère, ils ont même pris de l’ampleur. Et s’ils étaient l’apanage de l’extrême droite et de la droite extrême il y a trente ans, force est de constater que leur portée est bien plus large aujourd’hui d’une part, et que l’argumentation s’est affinée d’autre part, brouillant les repères.

Parallèlement à des politiques migratoires et d’asile extrêmement brutales qui alimentent peurs et fantasmes sans répondre à aucun des graves problèmes que soulève en effet le développement de réseaux mafieux organisant la traite d’êtres humains aux portes de l’Europe, la laïcité et le combat pour l’égalité entre les femmes et les hommes sont instrumentalisés, brandis comme un étendard par des organisations, partis, intellectuel/les que les conditions de vie des femmes étrangères ou d’origine étrangères dans les quartiers les plus défavorisés de nos villes n’avaient jamais perturbés.

Ne nous laissons pas piéger, ne nous soumettons pas aux slogans, aux discours réducteurs. Les femmes et les hommes de culture arabo-musulmane, nos concitoyen/nes, nos voisin/es ne sont pas des « taupes » de l’État islamique.

En cette année de commémoration de deux guerres mondiales abominables, nourries aussi par la stigmatisation et les discours manipulatoires, les Territoires de la Mémoire restent les acteurs d’une citoyenneté active et plurielle.

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