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Centre d'éducation à la Résistance et à la Citoyenneté

Aide mémoire 74

Éditorial : La démocratie en tant que préservation du choix

Par Julien Paulus, rédacteur en chef

 

AM74 p.1« Il ne peut y avoir de choix démocratiques contre les traités européens déjà ratifiés. » Cette phrase, qui fit grand bruit, fut prononcée par Jean-Claude Juncker, président de la Commission européenne, qui, dans un entretien accordé au Figaro le 29 janvier 2015, réagissait aux résultats des élections grecques qui portèrent le parti Syriza au pouvoir. Le message se voulait clair (et il le fut) : le résultat de ce scrutin ne modifiera en rien l’approche adoptée dans la gestion de la crise grecque et, plus largement, n’aura aucun impact sur le modèle de gouvernance de l’Union européenne.

L’évolution de la situation en Grèce indique que M. Juncker ne parlait pas en l’air, avec la capitulation en rase campagne du gouvernement Tsipras et ce, circonstance aggravante, au lendemain d’un référendum par lequel le peuple grec exprimait clairement et massivement son refus des mémorandums qui lui étaient imposés. Les choix démocratiques encore possibles et les discussions qui les amènent semblent donc bel et bien exclus du champ d’application des traités européens.

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Jean-Claude Juncker, père-fossoyeur de l’Union Européenne

Par Steve Bottacin

 

AM74 pp.6 7 Bottacin Juncker cc Factio popularis EuropaeaQue restera-t-il de Jean-Claude Juncker, d’Angela Merkel, de David Cameron ? Telle quelle, la question semble tirée d’un roman de Milan Kundera. Au fil de son œuvre, en effet, le grand écrivain tchèque ne cesse de mettre son lecteur en garde contre les traquenards de l’Histoire. C’est que celle-ci ne respecte rien. Tantôt elle broie par millions les existences des humbles, qui aspiraient à vivre, à aimer et à mourir en paix. Tantôt elle défait en un éclair le destin du grand homme, qui aspirait à vivre, à aimer et à mourir en gloire. Tantôt tragique, tantôt comique, l’Histoire rend des verdicts imprévisibles : la mort, la gloire, l’oubli, le ridicule…

C’est sans doute plus vrai encore aujourd’hui, grâce aux moyens techniques dont l’humanité dispose pour agir… et pour donner à voir ses (més)actions. Le cours de l’Histoire s’accélère, — c’est du moins l’impression qu’en ont ceux qui, comme nous, sont connectés en permanence aux écrans où Elle se donne en spectacle. Dès lors, le tragique et le ridicule sont susceptibles de fondre n’importe où, n’importe quand, sur n’importe qui.

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Le référendum : une voie démocratique instrumentalisée ?

Par Gilles Rahier

 

Démocratie et référendum

Actuellement, la situation politique de l’Union Européenne est très précaire : contestation sociale grandissante ; modèle économique néolibéral critiqué ; tiraillement des partis d’extrême droite qui éclosent dans ses pays membres ; inefficacité partielle d’être un décideur au niveau mondial ; dissensions internes qui empêchent de mener une politique commune constante ; crise de confiance grandissante dans ses institutions ; problèmes économiques dûs à la crise, etc.

AM74 pp.6 7 Rahier Non sensunique cc Philipp HertzogAvec l’arrivée contestée du TTIP (Partenariat transatlantique de commerce et d'investissement) et la complexification de la situation grecque, le président de la Commission européenne, le luxembourgeois Juncker, nous prophétisait il n’y a pas si longtemps, qu’« […] il ne peut y avoir de choix démocratique contre les traités européens déjà ratifiés ». Déclaration « choc » qui illustre une réelle crise démocratique de notre système sociétal que, par ailleurs, l’on vend comme vision idyllique du monde. Or il reste à analyser la pertinence, l’efficacité et la légitimité de notre système démocratique car, comme l’a rappelé François Debras, la démocratie a acquis « une place tout à fait particulière puisqu’elle semble posséder le monopole de la légitimité écartant ainsi toute organisation politique alternative en Occident[1] ». La démocratie représentative élective, où le peuple élit des représentants (la classe politique) pour se charger des fonctions législatives et exécutive, est le modèle qui a été choisi depuis longtemps pour définir la participation du citoyen à la « res publica », quasi uniquement par le vote périodique. Sans parler des alternatives possibles[2], ni des raisons de ce choix, on peut remarquer qu’actuellement, le référendum (et/ou la consultation populaire) reste un des seuls instruments de démocratie directe de nos sociétés occidentales.

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Méta-démocratie galopante, l’expérimentation grecque... après SYRIZA

Par Panagiótis Grigoríou, historien et ethnologue, auteur du blog Greek Crisis

 

AM74 pp.4 5 1Aléxis Tsípras du parti SYRIZA (et de la Gauche dite radicale) est devenu vendredi 14 août 2015, le quatrième Premier ministre du régime des mémoranda, faisant ainsi tristement suite, depuis 2010, à Yórgos Papandréou, à Loukás Papadémos (banquier non élu, directement « nommé » par les tenants de la gouvernance économique mondiale en 2011) et à Antónis Samarás. Le Mémorandum III, dit aussi « Mémorandum Tsípras », a été adopté en juillet et en août 2015 par le Parlement, à l’initiative d’un gouvernement (SYRIZA/ANEL) « légiférant » en violation de la Constitution et cela même, contre la volonté populaire récemment exprimée par le 62% du « NON », lors du référendum du 5 juillet 2015 qui refusait les mesures d’austérité. Cette décision (certes, prise sous la pression et sous le chantage exercés par les créanciers) est accablante pour la majorité parlementaire SYRIZA et ANEL (parti supposé souverainiste de droite), pourtant élue en janvier 2015 sur un programme formellement anti-mémorandum et de rupture avec les politiques imposées par le « pré-totalitarisme » de la Troïka des institutions oligarchiques, l’UE et l’Eurogroupe notamment.

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Galina Ustvolskaya, la minérale

Par Raphaël Schraepen

 

Galina UstvolskayaExisterait-il une musique typiquement féminine ? Peut-on, par intuition ou analyse, établir que le concerto pour piano de Clara Schumann n’aurait pas pu être écrit par un homme ? Les femmes seraient-elles programmées pour surtout composer des lieder comme le fit Fanny Mendelssohn ? Galina Ustvolskaya enterre définitivement ces vaines questions…

Galina Ustvolskaya (1919-2006) ne fait pas de musique « de femme ». Remarquez, elle ne fait pas de la musique « d’homme » non plus. Une musique non-humaine, alors, extraterrestre ? Pour essayer de comprendre, voyons qui était cette musicienne élevée dans l’Union soviétique. Née et décédée à Saint-Pétersbourg, elle se révèle d’abord comme pianiste brillante. Sans être exagérément mondaine, cette petite femme ronde et souriante participe tout de même à la vie culturelle soviétique. Sa rencontre avec Dimitri Chostakovitch, qui sera son professeur, va déterminer les décennies qui vont suivre. Le compositeur de la symphonie « Leningrad » sera finalement le seul dont elle admettra une réelle influence. Elle sait qu’il doit composer en partie pour le régime, elle-même y sera contrainte pendant longtemps. Mais elle admire ses œuvres les plus radicales, les plus libres.

Elle va donc répondre à des demandes du pouvoir. Par la suite, Galina refusera qu’on enregistre ces musiques de commande dans lesquelles elle ne se reconnaît pas. La pièce la plus ancienne qu’elle ait accepté de défendre est son concerto pour piano de 1946. Elle avait alors 27 ans. Écrit d’un seul tenant, ce concerto encore virtuose montre une personnalité forte et évoque de façon presque naturelle Chostakovitch. Trois ans plus tard, on entre dans une zone inconnue, dangereuse.

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