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Centre d'éducation à la Résistance et à la Citoyenneté

Aide memoire 77

La Bibliothèque George Orwell présente...

Par Jérôme Delnooz, bibliothécaire

 

la démocratie aux champsJoëlle Zask, La démocratie aux champs : du Jardin d’Eden aux jardins partagés, comment l’agriculture cultive les valeurs démocratiques, La Découverte, 2016, coll. « Les empêcheurs de penser en rond », 19€tm coeur

Cet essai veut faire face au non-débat politique sur la paysannerie, sur ceux dont le travail « assiste la terre, produise de la nourriture et forme le caractère ». La ferme comme lieu d’invention des relations sociales horizontales et le travail de la terre comme porteur de valeurs similaires à celles de la démocratie (autogouvernement, indépendance, subsistance, éducation, recherches scientifiques ...). Il n’est pas question ici d’agro-industries mais bien de paysans et de petits agriculteurs favorisant la subsistance face au profit. Pour défendre sa thèse, l’auteure fait appel aussi bien aux penseurs de la démocratie qu’aux expériences agraires démocratiques, sans oublier le phénomène du lopin de terre, de l’agriculture familiale, personnelle.

 

humanite en nousRoland de Bodt, L’humanité en nous : pour une culture de la démocratie, Cerisier, coll. « Place publique », 2015, 13€tm coeur

En 1998, Roland de Bodt, dans son ouvrage Le cercle ouvert, faisait la promotion d’une conception de l’action culturelle autre que celles de la démocratisation de la culture et de la démocratie culturelle : la culture de la démocratie. Pour ce penseur, mais aussi homme de théâtre et formateur de la culture, cette réflexion a été le point de départ d’un processus qui a duré plusieurs années et engendré différentes actions culturelles, parmi lesquelles les projets Dragon et Dérapage de la compagnie théâtral Arsenic. Avec le directeur actuel de cette dernière, Claude Fafchamps, ils synthétisent les débats impulsés, tout en jetant un regard analyseur sur le travail et les expériences réalisées. De quoi réitérer cet appel pour un modèle alternatif !

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Droite (Mots)

Par Henri Deleersnijder

 

« Lorsqu'on me demande si la coupure entre partis de droite et partis de gauche, hommes de droite ou hommes de gauche, a encore un sens, la première idée qui me vient est que l'homme qui pose cette question n'est certainement pas un homme de gauche », a écrit le philosophe Alain dont les Propos sur les pouvoirs[1], bien que remontant à 1925, n'ont rien perdu de leur pertinence. C'est que, en dépit des soubresauts qu'il a subis – et continue de subir –, le binôme gauche-droite n'a pas fini de hanter ou d'interpeller le champ politique actuel.

Dans son ouvrage fondateur publié en 1954 sous le titre La Droite en France de 1815 à nos jours, l'historien René Rémond a, pour sa part, dressé un tableau lumineux des trois courants qui traversent la sensibilité de droite : le courant légitimiste, nostalgique de l'Ancien Régime ; le courant orléaniste, libéral et compatible avec la République ; le courant bonapartiste, de nature autoritaire et plébiscitaire. Avec les différences spécifiques qui s'imposent, cette tripartition est aisément transposable à la situation belge et, d'une manière plus large, au contexte européen.

Qu'y observe-t-on, en effet ? Ceci, que les récents rendez-vous électoraux sur le Vieux Continent n'ont fait que confirmer : les mouvements de droite y ont le vent en poupe, disputant à la gauche le leadership – notamment culturel – qui était le sien depuis 1945, au sortir de la Seconde Guerre mondiale. Cela se traduit par une valorisation grandissante de la liberté individuelle, par un appel insistant à l'esprit d'entreprise, par un recours aux vertus enchanteresses du marché et, partant, pour un désinvestissement de l'État : bref, la porte doit rester grande ouverte à l'initiative privée et, du coup, les services publics risquent de se réduire comme une peau de chagrin.

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L’extrême droite aux États-Unis

En avril 2005, à l’occasion de son 32e numéro, la revue Aide-mémoire interrogeait le chercheur américain Chip Berlet, spécialiste de la droite américaine et analyste au Political Research Associates de Sommerville (Boston - Massachusetts). Les prochaines élections présidentielles aux États-Unis et la déferlante « Trump » qui a surpris tous les observateurs nous ont amenés à revenir sur cet entretien, mené par Jérôme Jamin, qui dessinait les contours de la nébuleuse d’extrême droite et du radicalisme de droite américains. Extraits.

 

438px Ku Klux Klan parade7Jérôme Jamin : Chip Berlet, pour commencer, pouvez-vous nous dire qui aux États-Unis parle d’extrême droite, dans quel contexte et pourquoi ?

Chip Berlet : Il faut tout de suite insister sur le fait qu’il n’existe pas de consensus aux États-Unis sur ce que le terme « extrême droite » signifie. Il n’y a pas d’accord en la matière ni dans les médias et encore moins dans les milieux académiques ! Ainsi, par exemple, dans de nombreux domaines, les gens vont utiliser ce mot pour décrire une réalité très large qui va de la droite chrétienne aux milices paramilitaires, et du mouvement « patriote » aux groupes néonazis. Il existe donc très clairement des désaccords importants et des différences de vue sur la façon dont il faut qualifier ces tendances. Certaines personnes sont très à l’aise pour qualifier d’extrême droite tout ce qui se trouve à droite du Parti Républicain !

Je n’aime pas, pour ma part, voir les choses de cette manière, quand je parle d’extrême droite ; je ne vise pas un spectre politique aussi large, je pense surtout à des groupes situés à droite qui ont des vues strictement révolutionnaires, des activités ouvertement violentes et qui, surtout, sont complètement hostiles et déconnectés du processus démocratique. Ainsi, je tiens personnellement à faire la différence entre la droite chrétienne, le mouvement patriote et le mouvement des milices d’une part, et l’extrême droite néo-nazie ou le Ku Klux Klan d’autre part. La droite chrétienne et les patriotes sont des mouvements qui se disent et se veulent réformistes, ils appartiennent à la droite populiste et veulent éjecter les « parasites » qui ont mis la main sur le pouvoir, ils veulent débarrasser le pays des élites corrompues et des forces secrètes qui les dirigent. Les néo-nazis et le KKK sont des mouvements révolutionnaires, ils veulent renverser le système politique, par la force et la violence si nécessaire, et exclure un nombre important de gens de la citoyenneté : les noirs, les étrangers, les Juifs, etc. Si à certains égards ils se rapprochent de la droite chrétienne qui, elle, veut aussi exclure de la citoyenneté les homosexuels et les militants en faveur de l’avortement, entre autres catégories d’individus, la droite chrétienne ne va pas aussi loin que les néo-nazis et le KKK qui parlent ouvertement d’expulsion ou d’extermination. Il y a donc une différence de niveau, on a une volonté de réforme et des discours d’une part, on a une volonté de révolution et de la violence d’autre part.

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De la nuance entre droite radicale et extrême droite

Une chronique de Julien Dohet

 

auphan jdaOn lit souvent des analyses différenciant l’extrême droite de la droite radicale, analyses qui si ce n’en est pas le but ont pour effet de rendre acceptable la seconde. En Belgique, le point est particulièrement sensible depuis deux ans et l’arrivée au gouvernement de la NVa, dont une partie de l’histoire et des membres est commune avec le Vlaams Belang. Outre que l’on rappellera que l’arrivée « démocratique » des nazis au pouvoir le fut grâce à des alliances avec des partis de droites « moins radicaux », « classiques »[1], on peut légitimement s’interroger sur les réelles différences. Profitons donc de cette chronique pour aborder un personnage qui sera plus souvent considéré comme membre de la droite radicale que de l’extrême droite.

 

Militaire, catholique, Vichyste

Celui qui signe encore après la guerre ses textes de « Amiral Auphan » ou « Paul Auphan, Ancien secrétaire d’État à la Marine » est né le 4 novembre 1894 à Alès. Entré à l’école navale en 1911, il participe à la Première Guerre mondiale, notamment lors de la campagne des Dardanelles et dans l’Adriatique à bord d’un sous-marin. En 1922, il intègre l’état-major de la Marine puis participera à plusieurs cabinets ministériels dans les années 30 mais aussi au sein du gouvernement Pétain. Nommé chef d’état-major de la marine en août 41 puis Secrétaire d’État à la Marine en avril 1942, il donne pour instruction de saborder la flotte à Toulon en novembre 42 pour ne pas la livrer aux Allemands et démissionne quelques jours plus tard. Il ne rejoint pas pour autant la France Libre de De Gaulle, considérant que Vichy est la seule émanation légale de la France et n’ayant pas digéré l’attaque anglaise de Mers El-Kébir. En août 44, il tente sans succès de jouer les intermédiaires entre Pétain et De Gaulle. Ayant fui la France, il est condamné par contumace en 1946 aux travaux forcés, à la dégradation nationale à vie et à la confiscation de ses biens. Comme beaucoup d’autres, il profite à son retour en France en 1955 d’un second procès qui le condamne uniquement à 5 ans de prison avec sursis et 5 ans de dégradation nationale avant de retrouver son grade et sa pension l’année suivante. N’ayant jamais renié ses engagements, il fait partie de ceux qui lutteront jusqu’au bout pour réhabiliter l’action du Maréchal Pétain et le bilan du gouvernement de Vichy en minimisant ou niant les actions les plus graves. Il sera d’ailleurs président, de 1972 à 1976, de l’Association pour défendre la mémoire du Maréchal Pétain (ADMP)[2]. Décédé le 6 avril 1982, son parcours se conclut par un fait très intéressant concernant le titre de notre chronique. Ce fervent catholique très à droite, qui osera s’opposer aux Allemands par patriotisme et réflexe « 14-18 »[3], sera après-guerre un membre très actif de La Cité catholique, et membre du comité de soutien à Jean-Marie Le Pen pour l’élection présidentiel de 1981[4].

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Le mot de la présidente : Il est des mots communs...

Par Dominique Dauby

 

AM66 DDaubyIl est des mots communs qui circulent dans de paresseux médias mais aussi, dans nos conversations courantes, mine de rien, comme s’ils allaient de soi : la mer tue les candidat/es réfugié/es, la crise frappe les plus défavorisé/es…

On peut supposer, si c’est bien la mer qui tue les migrant/es, qu’il n’y a pas grand-chose à exiger des pouvoirs politiques pour mettre fin à ce massacre. Ni œuvrer avec force à la fin de la guerre en Syrie (c’est tout sauf simple, oui, et alors ?), ni financer la construction de lieux d’hébergement dignes de ce nom en Grèce (pour rappel, l’essentiel des montants prêtés à la Grèce retournent immédiatement dans les banques européennes), ni sanctionner les pays membres de l’Union qui ferment leurs frontières par les armes (avec des balles réelles, en Hongrie, faut-il le rappeler ?), encore moins ouvrir plus largement les frontières de l’Europe (le gouvernement belge vient de décider la fermeture des places, aujourd’hui excédentaires, dans les centres d’accueil pour réfugié/es). La mer tue, soit, qu’y pouvons-nous, passons à d’autres actualités, le bébé panda par exemple…

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