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Aide memoire 77

Radicalisme et extrême droite : entretien avec Nicolas Lebourg

Au lendemain d’une première élection présidentielle autrichienne qui échappa d’un cheveu au candidat du parti d’extrême droite FPÖ et moins d’un an avant l’élection française pour laquelle Marine Le Pen est créditée des meilleures intentions de vote, il nous a paru intéressant de faire le point sur le paysage radical de droite dans l’Hexagone.

Entretien avec Nicolas Lebourg, Research fellow, Institute for European, Russian and Eurasian Studies (IERES), George Washington University ; chercheur associé au Centre d'Etudes Politiques de l'Europe Latine (CEPEL), CNRS-Université de Montpellier ; a entre autres publié (avec Jean-Yves Camus), Les Droites extrêmes en Europe, Paris, Seuil, 2015.

 

Lebourg colloqueGaëlle Henrard : L’extrême droite française est souvent résumée au Front National, mais n’est-elle pas beaucoup plus fragmentée ?

Nicolas Lebourg : C'est même sa structure historique : dans l'entre-deux-guerres, alors que le fascisme donnait jour à des partis de masse en Allemagne et en Italie, le fascisme français était une galaxie de groupuscules. L'espace extrême droitier français est foncièrement balkanisé. Dès 1934, le théoricien de l'Action Française, Charles Maurras, proposa de réaliser un « compromis nationaliste » entre toutes les structures afin de créer un « Front National ». Même sous Vichy, la pluralité, la conflictualité et l'émiettement étaient là. Les idées et expressions étaient encore de mise quand, en 1972, le mouvement ouvertement néofasciste Ordre Nouveau a lancé le FN. Jean-Marie Le Pen a su rassembler toutes les chapelles, en se positionnant comme leur arbitre souverain, ce que personne n'était arrivé à faire dans l'histoire des extrêmes droites françaises. Mais, lors de la scission du FN en 1999, les radicaux ont suivi Bruno Mégret dans son nouveau parti. À partir de là, le FN n'a plus été un compromis nationaliste mais a été régi par une obligation de soumission à la famille Le Pen. Pour permettre la prise de contrôle du parti par Marine Le Pen, les nationaux-catholiques ont été poussés dehors. Alain Soral a claqué la porte et s'est replié sur le combat culturel. Le FN a lancé le Rassemblement Bleu Marine, où on retrouve aussi bien des transfuges de la droite que, parmi les candidats aux élections municipales, une cinquantaine de membres du Bloc Identitaire – c'est donc un nouveau compromis nationaliste. Quant à Jean-Marie Le Pen, il vient de lancer ses Comités Jeanne. Tout cela s'interconnecte et se déchire avec constance.

 

Gaëlle Henrard : Ce numéro porte sur la place qu’occupe le radicalisme à droite de l’échiquier politique. Quelle est l’importance de la pensée radicale au sein des extrêmes droites françaises ?

Nicolas Lebourg : Cela dépend de comment on définit la radicalité et sur quel plan on se place. Historiquement, l'extrême droite française connaît d'abord au XIXe la structuration de ces courants nationaux-populistes et contre-révolutionnaires. Pour ma part, ce que j'appelle « l'extrême droite radicale » naît après 1918 (fascisme, nazisme, national-bolchevisme, etc.), en proposant une révolution qui soit de l'ordre anthropologique et non socio-économique. L'extrême droite radicale française, très marginale, se comprend avant tout dans un cadre transnational : elle ne cesse d'échanger idées, méthodes et slogans avec ses homologues européennes. C'est un rhizome politique et culturel. Elle a souvent eu un certain travail en matière d'agit-prop. Le FN lui a ainsi dû hier ses discours anti-américains, antisionistes, et anti-immigration. Il lui emprunte aujourd'hui des éléments sur la républicanisation du discours, la thématique islamophobe, l'idée d'un remplacement de populations, ou les liens que l'Europe doit avoir la Russie. C'est d'ailleurs sur la question européenne que les radicaux français ont souvent été les plus intéressants sur le plan théorique, c'était d'ailleurs très marqué entre les collaborationnistes (ayant épousé la cause d'un Nouvel ordre européen naissant grâce à l'européanisation de la Waffen-SS et ayant vocation à fonder un Empire aux dimensions eurafricaines) et les collaborateurs (les pétainistes, réactionnaires et nationalistes hexagonaux).

Ces divergences n'empêchent pas un socle commun. Si la gauche est affaire de programmes et que la droite est surtout un style, l'extrême droite est affaire de vision du monde. Parmi les nombreux points communs, il y a l'idée que la communauté doit être réorganisée comme un tout organique, le refus de l'ordre géopolitique en état, la promotion de ce qui seraient les élites véritables, la volonté d'opposer une enclosure à la globalisation. On observe d'ailleurs que les extrêmes droites se renouvellent par les modifications géopolitiques et les étapes de la globalisation : le national-populisme naît de la guerre de 1870, le fascisme de 1918, le néofascisme naît durant la Seconde Guerre mondiale (européanisation de la Waffen-SS et congrès de Vérone qui réforme le mussolinisme), ou le néo-populisme après le 11 septembre 2001 (quand Geert Wilders invente aux Pays-Bas un nouveau modèle qui a beaucoup inspiré le FN de Marine Le Pen).

Mais, pour saisir la radicalité, on peut aussi partir d'un point de vue juridique plutôt qu'historique ou politologique. La loi française conçoit divers motifs d'interdiction de groupes politiques. Ces motivations sont donc ce que la norme définit comme hors-système. On peut les diviser en deux groupes, l'un qui serait la « violence politique » (manifestations armées ; caractère paramilitaire ; terrorisme ; atteinte grave à l'ordre public), et l'autre qui définirait la « radicalité politique » (intention de la force ; atteinte à la forme républicaine de gouvernement ; atteinte à l'intégrité du territoire ; liens avec la Collaboration ou entreprise de réhabilitation de celle-ci ; incitation à la haine, à la discrimination ou à la violence). Si on observe l'extrême droite, il est clair que les incitations à la discrimination sont le cœur idéologique du FN, que celles à la haine ou à la violence sont dans certains groupuscules, et que le reste est epsilon[1]. Alors que l'ensemble de la vie politique en France se durcit, se droitise, les plus radicaux sont eux un peu en berne. Par ailleurs, autant depuis quelques années il y a des best-sellers d'auteurs ultra-réactionnaires, autant l'extrême droite radicale française est aujourd'hui atone au niveau intellectuel.

 

Gaëlle Henrard : Quels sont les points de convergence entre l’extrême droite radicale et cette droite qui, il y a peu, se qualifiait elle-même de « décomplexée » ?

Nicolas Lebourg : Il y a d'abord un point commun qui est apparu lors des manifestations-fleuves de 2013 contre le droit reconnu aux homosexuels de se marier : l'idée que le libéralisme culturel (ouverture des frontières, mariage gay, etc.) serait l'ennemi et qu'il serait incarné par la social-démocratie, les extrêmes droites y ajoutant l'Union européenne à l'échelle géopolitique.

Les thèmes sur lesquels fusionnent les électorats de droite sont ceux liés à l'identité nationale, à l'immigration et à la sécurité. C'est en voulant mener campagne sur les thèmes identitaires que Nicolas Sarkozy a perdu, en 2012, son offre politique devenue illisible et crispant son flanc centriste. La droite n’a pas échoué pour n'être pas allée assez loin sur les thèmes identitaires, comme disent certains de ses cadres, mais parce qu’elle a abandonné ce que Nicolas Sarkozy avait nommé en 2007 la « valeur-travail », une offre idéologique qui correspondait aux demandes de hiérarchie sociale considérées comme légitimes, communes aux électorats de droite et du FN (chez les professions libérales par exemple le vote FN a ainsi été de 22% en 2002, 9% en 2007 lorsque Nicolas Sarkozy parlait de « travailler plus pour gagner plus », 17% en 2012 quand il parlait de l'islam). En abandonnant l'autonomie de son offre politique, en plagiant les problématiques ethnoculturelles de l'extrême droite, la droite a organisé le transfert de son électorat selon le principe toujours vérifié en Europe « l'électeur préfère l'original à la copie » – une formule d'ailleurs inventée par François Duprat, néofasciste et numéro deux du FN, assassiné en 1978, lorsqu'il proposa que le FN sorte du thème de l'anticommunisme pour se mettre à critiquer le coût social de l'immigration, en imaginant d'avance la façon dont les droites viendraient reprendre la thématique et ainsi normaliser ce qui n'était encore qu'un groupuscule[2].

 

Rassemblement anti FN à Digne 85Gaëlle Henrard : Certains en France semblent considérer aujourd’hui l’extrême droite comme de plus en plus fréquentable voire de plus en plus légitime. Comment l’expliquez-vous ?

Nicolas Lebourg : C'est l'effet de nos institutions, très compliquées. L'essentiel de notre système politique consiste en des scrutins à deux tours, avec des taux variables à atteindre au premier pour accéder au second. Or, la montée du FN a abouti à une tripartition des voix au second tour, mais comme le parti est sans alliés pouvant constituer ses réserves de voix à ce stade, il finit par y échouer. Résultat, il y a une guerre de mouvements des partis pour essayer de retrouver de la marge, un système à deux tours ne pouvant se décoincer d'une tripartition que par l'élimination d'un des protagonistes, et certains rêvent de la constitution d'un bloc des droites.

C'est ensuite un effet stratégique. La stratégie de normalisation entreprise par Marine Le Pen a eu de vrais effets. En 2016, 56% des sondés estiment encore que le FN constitue « un danger pour la démocratie », mais l'idée que le parti puisse participer à un gouvernement est passée de 12% en 1990 à 36% aujourd'hui. Cependant, la mobilisation inattendue de l'électorat contre le FN au second tour des élections régionales de décembre dernier, ou le fait que les évènements du FN continuent d'abord à attirer des jeunes et des retraités, c'est-à-dire des personnes qui ne prennent pas de risques par rapport à leur carrière, témoigne que la normalisation n'est pas la normalité.

C'est aussi un effet culturel. Les enquêtes d'opinion montrent depuis des années la montée en puissance d'une angoisse face à l'idée que la France puisse se fragmenter en communautés hostiles. Marine Le Pen et son biotope parviennent à expliquer que la globalisation (culturelle, démographique, économique, politique) et l'expérience de la vie quotidienne (le travail, le logement, la sécurité, etc.) se comprennent en fait comme une orientalisation de l'Europe. Ce discours fonctionne extrêmement bien sur un pays qui s'était construit culturellement depuis l'Ancien Régime sur des valeurs unitaires, et que la crise des réfugiés a plongé dans un état de panique (comme l'a démontré une étude comparative faite sur sept pays européens).

 

Gaëlle Henrard : Dans la perspective des élections présidentielles de 2017, comment situez-vous Marine le Pen en termes de « radicalisme » ?

Nicolas Lebourg : Marine Le Pen est à la base une national-populiste, elle veut une République césariste et référendaire. L'homme nouveau, la guerre impérialiste, le totalitarisme, l'inégalité des races ou l'antisémitisme ne sont pas de sa nature idéologique. Mais ses propres conceptions politiques sont une radicalisation du rôle de l'Exécutif par rapport à son père. Son offre idéologique est devenue celle d'un souverainisme intégral : chaque question politique est ramenée, côté problème, à ce couple globalisation-orientalisation, du côté de la réponse à la souveraineté nationale et au rôle de l'État. Maintenant, il faut comprendre que durant la campagne présidentielle de 2012, Marine Le Pen a connu un tassement de ses intentions de votes lorsqu'elle s'est mise à surtout parler de la Banque Centrale Européenne. Elle est remontée suite à un petit scandale qu'a déclenché son père, en citant un poème du collaborationniste fusillé, Robert Brasillach, puis suite aux attentats islamistes perpétrés par Mohamed Merah, et là elle a enclenché un discours très offensif, clamant : « Combien de Mohamed Merah dans les bateaux, les avions, qui chaque jour arrivent en France remplis d’immigrés ? ». Résultat, finalement, elle a fait un score historique. Elle doit donc trouver l'alliage qui lui permette d'être dure, anti-système, subversive, et rassurante, performante dans le même temps – par exemple aux régionales de 2015, seulement 13% des diplômés de second et troisième cycles universitaires ont voté FN. En définitive, reste le fait que la France a une armée projetée sur de nombreux théâtres d'opération et est un membre permanent du conseil de sécurité de l'ONU. C'est donc une cible de choix, et il est très délicat d'imaginer l'évolution de la campagne électorale si elle doit connaître des attaques terroristes.

 


[1] NdlR : en mathématiques, epsilon désigne une quantité infinitésimale.

[2] NdlR : sur François Duprat, voir la chronique que lui consacrait Julien Dohet dans le numéro précédent : « Plongée chez les radicaux de l’extrême droite », Aide-mémoire 76, p.11.

La radicalité feutrée de la droite espagnole (Mémoire brute / Réalité brute)

Par Ángeles Muñoz et Maite Molina Mármol

 

Franco0001La récente vague migratoire a révélé la résurgence de l’extrême droite en Europe. D’après le New York Times du 22 mai, l'Espagne y fait figure d'exception, avec le Portugal : deux pays ayant connu des dictatures longues et violentes[1]. Il est vrai que, à la différence du contexte qui a prévalu ces dernières décennies, l’Espagne est aujourd’hui bien moins touchée que d'autres pays par l’arrivée des migrants et ne constitue plus la porte d’entrée principale dans la forteresse Europe[2]. Mais, pour y expliquer la présence minoritaire des partis d'extrême droite, il faut surtout tenir compte de la particularité des courants ultraconservateurs espagnols qui ont trouvé refuge, depuis la fin de la dictature franquiste, au sein de la droite parlementaire représentée aujourd’hui par le Parti Populaire (PP).

Le principal facteur explicatif est à chercher dans la spécificité du processus de « transition » politique qui a suivi la mort du dictateur Francisco Franco en 1975, après près de quarante années de dictature.

Pour rappel, on parle souvent de « pacte d’oubli » ou « pacte de silence » pour désigner l’axe principal, longtemps considéré comme condition nécessaire à la Transition du franquisme à la démocratie. Il faut rappeler, pour comprendre les termes de ce pacte, le déséquilibre des forces en présence : la mouvance la plus réactionnaire du franquisme est au pouvoir – malgré la politique « d’ouverture » promue par Aldofo Suárez qui représente l’aile réformiste de la droite  ; l’armée qui menace d’agir par la force en cas d’ouverture excessive ; le Roi, incontournable, en tant qu’héritier de Franco, qui exige la garantie de l’unité de la Patrie, contre toute velléité de séparatisme basque ou catalan ; l’Église conservatrice, intransigeante, qui veille sur l’ensemble du processus. Dans ce contexte, les réformistes et la gauche sont obligés de se plier aux exigences de la droite radicale, encore au pouvoir, jouant de la menace d’une nouvelle guerre civile ou d’un coup d’État militaire.

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Chute et ascension de Robert Wyatt

Par Raphaël Schraepen

 

AM77 p.8 SchraepenLe 1er juin 1973 est définitivement la date de naissance d’un nouveau Robert Wyatt. Ce soir-là, Lady June donne une réception dans sa demeure. Lady June, c’est June Campbell Cramer, artiste peintre et égérie d’un monde bigarré composé d’artistes, vrais ou aspirants, une de ces figures qu’on rencontrait beaucoup à la fin des années 60 et au début des années 70. Lady June est aussi poète, elle intègre à ce titre le groupe franco-britannique Gong, et la fine fleur de l’école musicale dite de Canterbury la met en musique : Daevid Allen, Kevin Ayers, anciens du groupe Soft Machine, ou encore Brian Eno, électron libre du Rock des seventies.

Robert Wyatt est là ce soir. Lui aussi a quitté Soft Machine, lorsque la douce folie pataphysicienne qu’il avait initiée avait cédé la place à un jazz rock de plus en plus obscur, sous la houlette du claviériste Mike Ratledge. Wyatt boit. Il boit même trop. Batteur, chanteur, musicien complet avide de jazz (mais pas de jazz rock), il a formé un nouveau groupe, dont le nom est un jeu de mots qui s’adresse plus aux francophones qu’à ses compatriotes. Soft Machine (d’après un roman de William Burroughs) signifie « machine molle », il appelle son groupe Matching Mole, à la prononciation proche de la traduction en français, et qui signifie grosso modo « la taupe qui est à la hauteur ».

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Un billet jeté d’un train de déportation par Primo Levi et deux compagnes d’infortune

Par Jean-Louis Rouhart

AM77 p.8 RouhartDans le prolongement de l’exposition « Les Mondes de Primo Levi. Une courageuse clarté », visible à la Cité Miroir de Liège jusqu’au 30 juin dernier, il nous semble intéressant d’évoquer le billet jeté par Primo Levi, Vanda Maestro et Luciana Nissim du train de déportation qui les a menés en février 1944 de Fossoli di Carpi au camp d’Auschwitz.

Le texte figurant sur ce billet, ramassé en gare de Bolzano le 23 février 1944, est le suivant :

« Bolzano, 23 [...]

 

Cara Bianca, tutti in viaggio alla maniera classica – salute [a] tutti – A voi la fiaccola. Ciao. Bianca, ti vogliamo bene

 

Primo, Vanda, Luciana ».

Il a été traduit dans l’ouvrage Résistances juives à l’anéantissement de Bernard Sucheky (Bruxelles, Éditions Luc Pire, 2007) à la page 110 comme suit : « Chère Bianca, tous en voyage à la manière habituelle. Salut à tous. À vous le flambeau. Au revoir Bianca, nous t’aimons bien. Primo, Vanda, Luciana. »  

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Le sexe d’un seul regard

Par Jean-Paul Bonjean

 

AM77 p.8 BonjeanDans son livre, Chahdortt Djavann mène une courte réflexion romancée autour du statut de la prostituée dans les pays orientaux (Iran) et, plus largement, de la femme dans les pays musulmans. En croisant les fils des destins parallèles de deux jeunes filles, l’auteure égrène les situations chaotiques de ces femmes qui jalonnent régulièrement la chronique nécrologique dans l’indifférence la plus totale, y compris celle des autorités judiciaires.

En toile de fond, l’auteure interroge la sexualité des femmes et l’incroyable hypocrisie qui entoure le sujet et le relègue dans les tabous absolus. Hypocrisie car le plus vieux métier du monde s’exerce au su de tous, tous feignant l’ignorance. Les mollahs eux-mêmes jouent de leur influence religieuse pour tordre les interprétations qui leur permettent de forniquer en toute légalité grâce au système de la sigheh[1] (certains vont même jusqu’au proxénétisme !)

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