Les derniers numéros

Centre d'éducation à la Résistance et à la Citoyenneté

Aide memoire 78

Johnny cash : la ballade de l’homme en noir

Par Raphaël Schraepen

AM78 p.8 Schraepen« Quand j’étais encore un bébé, ma mère m’a dit : "Fiston, sois toujours un bon garçon ! Ne joue jamais avec des révolvers !" Mais j’ai descendu un type à Reno, juste pour le regarder mourir. » Cette phrase qui ouvre la chanson Folsom Prison Blues de Johnny Cash continue de servir d’étendard, parfois aussi de repoussoir, pour tout ce qui concerne le chanteur habillé de noir. Récemment, le cinéaste américain Michael Moore y voyait la preuve d’une incitation à la violence. Déception face à cette mauvaise foi. Mais Moore se veut aussi sociologue quand notre homme est avant tout un artiste, totalement dénué de sens politique tel qu’on l’entend habituellement chez nous.

« Hello, I’m Johnny Cash ! ». Un show de Johnny Cash qui commençait sans cette phrase n’était pas un show de Johnny Cash. Signature simplissime, parfaite, qui sonne et claque. Et en plus, John R. Cash n’a même pas dû employer de pseudonyme. Cette signature ouvrait donc aussi les concerts qu’il a donnés en prison. Les plus célèbres furent ceux qu’il a donnés à Folsom et à San Quentin, à la fin des années soixante. La prison a fasciné et effrayé Johnny Cash tout au long de sa carrière. N’en déplaise à Michael Moore où à ceux qui l’ont traité un peu vite de « réac » ou de « vieux bigot », une chanson comme 25 Minutes To Go qui raconte les vingt-cinq dernières minutes d’un condamné à mort est clairement une charge contre la peine capitale. Plus récemment, il reprenait The Mercy Seat de Nick Cave, avec qui il partageait cette obsession de la faute et de la rédemption, le plus souvent impossible. En dépit de son titre à l’humour potache (the mercy seat, « le siège de la pitié », en fait la chaise électrique, est un jeu de mots hasardeux sur le mouvement musical des années 1960 le « Mersey Beat »), cette chanson terrifiante démultiplie le malaise ancien de 25 Minutes To Go, avec la phrase de cet homme qui se prétend innocent, qui revient comme un leitmotiv (« and I’m not afraid to die », « et je n’ai pas peur de mourir » – peu pieux mensonge) et se transforme à la dernière ligne en « and I’m afraid I told a lie » (« et j’ai peur d’avoir dit un mensonge »). On n’est pas loin de l’esprit du film de Tim Robbins Dead Man Walking, en fait postérieur à la chanson de Nick Cave.

Lire la suite : Johnny cash : la ballade de l’homme en noir

La Bibliothèque George Orwell présente...

Par Michel Recloux et Jérôme Delnooz, bibliothécaires

 

echec au roi des belgesPhilippe Geluck, Devig, Les aventures de Scott Leblanc, tome 4, Échec au roi des Belges, Casterman, 2016, 12€

Est-il nécessaire de le rappeler, l’œuvre de Geluck ne se résume pas au Chat ! En atteste cette série de BD qu’il a créée avec Devig voici sept ans déjà. Sorte d’hommage aux standards de la « ligne claire » franco-belge, elle lorgne, par le fond et par la forme, du côté de l’univers de Tintin (mais avec un ton résolument plus décalé) et assume sa dimension délicieusement rétro. Une belgitude d’autant plus marquée dans cet opus par la trame se déroulant dans le Bruxelles des sixties. En effet, le reporter ingénu Leblanc et son barbu de compère, le professeur Moleskine, tentent de déjouer un complot fomenté par un obscur groupuscule d’extrême droite qui entend ni plus ni moins s’en prendre au jeune roi des Belges, Baudouin Ier. La partie d’échecs ne fait que commencer.

coquelicots d irakBrigitte Findakly, Lewis Trondheim, Coquelicots d’Irak, L’Association, 2016, 19€tm coeur

« Il me reste déjà tellement peu d’Irak »… Afin de remplir ce vide, Brigitte Findakly décide de replonger dans son enfance passée là-bas, et de rassembler ces anecdotes dans un roman graphique, grâce au coup de crayon bienveillant de son mari Lewis Trondheim. Il résulte de cette démarche un récit entremêlant histoire régionale (les coups d’États, la dictature de Saddam Hussein, la guerre), personnelle et familiale (l’exil en France), mais se jouant des frontières temporelles, le passé venant télescoper le présent (l’expansion de Daesh). La démarche est touchante. Et le lecteur d’espérer que cette quête mémorielle de Findakly aura abouti, que la récolte de ces pétales de vie entretiendra à jamais le souvenir des coquelicots de sa jeunesse.

Lire la suite : La Bibliothèque George Orwell présente...

Violence (Mots)

Par Henri Deleersnijder

L'affaire fut expédiée en quelques minutes chrono, à l'image du turbo-capitalisme qui prévaut aujourd'hui. Après la fermeture de Renault Vilvorde et des Forges de Clabecq en 1997, de la Sabena en 2001, de Volkswagen Forest en 2006, d'Opel Anvers en 2010, de Ford Genk en 2012, de Duferco La Louvière en 2013, sans parler des importantes pertes d'emplois à Arcelor Mittal Liège en 2011 et 2013, c'est au tour de Caterpillar Gosselies d'être, le 2 septembre 2016, frappé du même sort. Nouvelle annoncée aux représentants du personnel par un directeur financier venu spécialement des États-Unis et dont la tâche, au cynisme managérial, aurait pu être remplie par un robot spécialement programmé à cette fin. La prochaine fois... ?

Lire la suite : Violence (Mots)

Le Gramsci de l’extrême droite

Une chronique de Julien Dohet

 

AM78 p.11 DohetLa chronique de ce numéro va se pencher sur un penseur et théoricien central de l’idéologie d’extrême droite contemporaine. Un auteur non seulement prolifique, mais aussi original qui a renouvelé une partie du corpus doctrinaire sur base d’une grande culture et dont nous avions déjà fait mention à plusieurs reprises[1].

 

Le théoricien de la Nouvelle Droite

Alain de Benoist est né en décembre 1943 à Saint-Symphorien. Dès l’âge de 17 ans, il s’engage dans les mouvances de l’extrême droite en écrivant dans un mensuel dirigé par Henri Coston. En 1961, il adhère à la Fédération des Étudiants Nationalistes (FEN) puis entre en contact avec Europe-Action de Dominique Venner. Il défend alors l’Algérie française[2], l’OAS[3] et l’Apartheid en Afrique du Sud. Fin des années 60, il fonde le GRECE (Groupement de recherche et d'études pour la civilisation européenne)[4] et multiplie les articles et ouvrages dont le premier reste le plus connu Vu de droite. Anthologie critique des idées contemporaines. Toujours actif aujourd’hui, Alain De Benoist réfute l’étiquette d’extrême droite. On le retrouve cependant à partir de 2014 comme animateur d’une émission « les idées à l’endroit », soit le même titre que le livre analysé dans la présente chronique[5], sur TV Libertés. Une web-tv « de tendance nationale » née dans la mouvance des manifestations contre le mariage pour tous et qui est en quelque sorte l’aboutissement des idées de la Nouvelle Droite, notamment la reconquête du champ culturel.

Lire la suite : Le Gramsci de l’extrême droite

Consultez toutes nos archives

am vign tous articles

Recherche

Rejoignez-nous !

En savoir plus...

Soutenez la Mémoire !

Devenezmembre

Faites leur don de vos valeurs !

Faitesdondevosvaleurs copy

Brochure "Editions"

brochure editions 2015

Soutenez nos actions

Soutenez les Territoires de la Mémoire en effectuant un don via Paypal

Plan d'accès

Contactez-nous

  • Territoires de la Mémoire asbl
  • Siège social
    Boulevard de la Sauvenière, 33-35
    4000 Liège
    accueil@territoires-memoire.be
    Téléphone : 04 232 70 60
    Fax : 04 232 70 65
  • N° d'entreprise
    453099470
453099470