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Centre d'éducation à la Résistance et à la Citoyenneté

La Bibliothèque George Orwell présente...

Par les bibliothécaires Jérôme Delnooz, Lydia Haway et Michel Recloux

 

cultures des lisieresJean Hurstel, Cultures des lisières : éloge des passeurs, contrebandiers et autres explorateurs, Cerisier, 2016, coll. « Place publique », 12€tm coeur

Ce livre est une invitation à explorer la culture, où qu’elle soit, et quelle que soit sa forme… Les objets culturels rencontrés dans les grandes métropoles et leurs foyers artistiques, mais aussi les terres excentrées se trouvant « en lisière » de la culture légitimée, véritables viviers de cultures populaires, de culture des exclus... À travers le voyage qu’il nous propose à la marge, Hurstel sensibilise le lecteur à cette diversité, mais bat aussi en « bêche » l’idée de hiérarchie culturelle en prônant l’égale dignité des cultures. Dans cette optique, l’homme de théâtre français souhaite mettre en germe une vraie conception de la démocratie culturelle.

 

age des demagoguesPierre-Luc Brisson, L’âge des démagogues : entretiens avec Chris Hedges, Lux, 2016, 12€tm coeur

 Le monde occidental s’écroule, les gens sont de plus en plus en colère et de partout sortent de nouveaux tribuns populistes et démagogues. Dans ces entretiens, Chris Hedges, prix Pulitzer et esprit libre, explique la montée en puissance de Donald Trump et de ceux et celles qui lui ressemblent. « C’est une analyse du néolibéralisme totalitaire et de la montée des extrémismes partout dans le monde, et qui incite, en fin de compte, à la rébellion »

 

ou est le pouvoirJean Birnbaum (dir.), Où est le pouvoir ?, Gallimard, 2016, coll. « Folio essais », 7,70€

Les citoyens se sentent dépossédés de leur pouvoir politique. Les politiques se disent privés de leur pouvoir par le pouvoir économique. Le pouvoir local, subordonné au pouvoir national, et le national soumis au supranational (voire à un pseudo « gouvernement mondial de l’ombre »). Chacun serait aliéné à des forces supérieures. Dès lors, où peut bien se cacher le pouvoir dans une démocratie ? Une quinzaine de chercheurs, parmi lesquels Luc Boltanski et Bruno Latour, partent en quête intellectuelle du pouvoir et interroge son caractère paradoxal : parce qu’il n’est jamais où l’on croit, le pouvoir déçoit, « mais en même temps, s’il se veut démocratique, le pouvoir doit échapper à tous »…

 

gauche radicalesPascal Delwit, Les Gauches radicales en Europe : XIXe-XXIe siècles, Éditions de l’Université de Bruxelles, 2016, 12€

 Pour dépasser le simplisme du Livre noir du communisme de Stéphane Courtois, Pascal Delwit propose ici une histoire des gauches radicales, c’est-à-dire de la gauche de gauche, de ceux à gauche de la social-démocratie. Il organise son cheminement en en trois temps : le dernier quart du XIXe et le socialisme ; l’après Première Guerre mondiale et le communisme ; et enfin le nouveau paysage des gauches radicales qu’il « typologise » en 3 profils : le premier qui rassemble ceux proches de la social-démocratie et qui peuvent l’aiguillonner ; le second qui unit les tenants d’un réformisme radical et qu’on retrouve dans le Parti des gauches européennes ; et le troisième avec les adeptes du Grand Soir révolutionnaire (comme le PTB).

 

community organisingJulien Talpin, Community organizing : de l’émeute à l’alliance des classes populaires aux États-Unis, Éditions Raisons d’agir, 2016, coll. « Cours et travaux », 20€tm coeur

Le néolibéralisme et l’hyperindividualisation s’emploient à détruire les structures collectives dans notre société. Cette logique de division a profondément touché les classes populaires, pourtant déjà les plus précarisées. Pour recréer du lien, Julien Talpin, dans le sillage de Saul Alinsky, se penche dans ce livre sur le concept de community organising. Ce dernier consiste, pour les militants de terrain, à miser sur la capacité politique des classes populaires, à transformer la violence et l’indignation en action collective, à créer des alliances et à se structurer en organisation communautaire autogérée. Cela pour décupler le pouvoir d’agir des dominés et œuvrer au changement social. À partir de l’étude du cas américain, l’auteur réfléchit à la transposition de cette technique en France.

tolérances et radicalismesPierre-Joseph Laurent, Tolérances et radicalismes : que n’avons-nous pas compris ?, Couleur livre, 2016, 18€

S’inscrivant dans l’actualité liée au radicalisme islamiste, cet ouvrage multidisciplinaire (social, économique et politique) tente d’en dégager les causes profondes et de démontrer la complexité du phénomène. Se concentrant sur l’individu pour ensuite considérer la société de manière globale, le livre nous offre une suite d’analyses assez brèves. Les chercheurs nous amènent ainsi à un nouveau niveau de lecture des récents attentats, tout en proposant des pistes pour prévenir les mécanismes qui en sont à l’origine.

 

lettres aux francaisNicolas Lebourg, Lettres aux Français qui croient que cinq ans d’extrême droite remettraient la France debout, Les Echappés, 2016, 13,90€

À l’heure où l’arrivée du Front National à l’Élysée ne semble plus impossible, Nicolas Lebourg nous offre un regard original sur le parti de Marine Le Pen et tente d’expliquer son succès grandissant. Pour ce faire, le chercheur choisit de s’adresser « personnellement » à quelques profils d’anciens et nouveaux électeurs du FN. D’un personnage fictif à l’autre, de « l’ouvrier agricole » à « l’étudiant gay », on traverse ainsi différents parcours et idées qui peuvent mener jusqu’au vote frontiste, sans pour autant se poser en « donneur de leçon ». Ce miroir tendu vers les sympathisants du FN ne doit néanmoins pas faire oublier que les personnes ne peuvent pas être enfermées dans des catégories.

dans la gueule de la beteArmel Job, Dans la gueule de la bête, Les Impressions Nouvelles, 2016, coll. « Espace Nord », 9€

Nous replongeant dans les heures sombres du nazisme et de la collaboration à Liège, Armel Job pose la question du bien et du mal. À la fois historique et de fiction, ce roman nous fait suivre les aventures d’une famille juive plongée dans ce milieu hostile où se mêlent héros et collabos. Par le biais de la fiction, on pourrait même se questionner sur ce qu’on aurait pu faire, nous lecteurs, si on avait été là durant la guerre.

 

 

proces des droits hommeJustine Lacroix, Jean-Yves Pranchère, Le procès des droits de l’homme : généalogie du scepticisme démocratique, Seuil, 2016, coll. « La couleur des idées », 22€

Les attaques contre les droits de l’homme et le « droit de l’hommisme » sont devenues monnaie courante, notamment de la part de l’extrême droite. Pourtant, ce scepticisme est loin d’être neuf, et surtout, il n’est pas le monopole des ennemis de la démocratie. C’est ce que les deux auteurs s’efforcent de montrer ici, en mobilisant les réflexions de nombreux intellectuels d’hier et d’aujourd’hui (Auguste Comte, Karl Marx, Régis Debray…). Cette critique de la critique des droits de l’homme se veut « à charge », mais dans une visée constructive, pour palier à leurs manquements et leur fournir une portée réellement politique et progressiste !

 

revolution informationnelleJean Lojkine, La révolution informationnelle et les nouveaux mouvements sociaux, Le bord de l’eau, 2016, 17€

La révolution informationnelle en cours depuis la moitié du XXe siècle a déjà dévoilé sa face sombre à travers des utilisations industrialistes, marchandes et de surveillance exacerbées. Pourtant, pour l’auteur, les nouvelles technologies de l’information peuvent avoir un usage social et progressiste. Elles pourraient contribuer à fédérer des mouvements sociaux hétérogènes, à relier les savoirs des uns et des autres, à produire tout en rendant accessible, à gérer très concrètement des structures alternatives… En somme, dans la « bataille de l’information », devenir une arme pour lutter contre l’hégémonie du modèle capitaliste. Il faut combattre le monopole des TIC par les puissants !

 

la russie sous poutineJean-Jacques Marie, La Russie sous Poutine : au pays des faux-semblants, Payot, 2016, 22,50€

Actuellement, nos médias et politiques véhiculent à souhait l’image d’un Vladimir Poutine a la tête d’un État totalitaire, belliqueux et omnipuissant, tout en alimentant un nouveau climat de guerre froide. J-J. Marie, historien spécialiste de l’URSS, souhaite déconstruire ces poncifs et dévoiler les différentes couches de faux-semblants qui constituent la poupée gigogne russe. Selon lui, la Russie actuelle s’apparenterait moins à un empire qu’à un géant au pied d’argile, reposant sur des piliers plus fragiles qu’il n’y paraît et traversé par des contradictions internes. Notamment les tensions entre l’héritage soviétique et les effets durables de la « thérapie de choc » ultralibérale des années 1990.

 

histoire mondiale de la guerre econoAli Laïdi, Histoire mondiale de la guerre économique, Perrin, 2016, 26€

Selon Ali Laïda, « la politique n’a pas le monopole de la violence ». Elle le partage avec une autre composante du pouvoir : l’économie. Celle-ci serait ainsi à l’origine de nombreuses guerres. Pour démontrer son postulat, l’auteur pose les jalons d’une histoire de la guerre économique en présentant de multiples exemples à travers les époques (Préhistoire, Antiquité, Modernité…) et les lieux (Europe, Asie…), tout en tissant un lien avec le présent. La problématique est en effet encore pleinement d’actualité, car le capitalisme brutal et la compétition effrénée qu’il génère provoquent toujours directement ou indirectement maints dérapages et conflits dans le monde…

tentative de banalisation edNicolas Guillet et Nadia Afiouni (éds.), Les tentatives de banalisation de l’extrême droite en Europe, Édition de l’Université de Bruxelles, 2016, coll. « Sciences Politique », 18€

S’intéressant à cette nouvelle banalisation de l’extrême droite en Europe, Nicolas Guillet et Nada Afiouni nous proposent, ici, un ouvrage collectif et multidisciplinaire. Le propos se veut être une approche large de l’extrême droite et non une analyse complète du phénomène. Dans cette optique, ils ont choisi de se concentrer sur l’Angleterre, la Suisse et plus particulièrement sur la France. La plupart des réflexions rassemblées dans cet ouvrage sont issues d’une journée d’étude à l’Université du Havre en 2012.

 

 

Bandes dessinées

 

ferme des animauxGeorge Orwell, La Ferme des animaux, L’Échappée, 2016, 15€

 Dans les années 50, la CIA et le MI6 transposent la fable de George Orwell en bande dessinée. Leur objectif est de lutter contre le communisme notamment dans le Tiers-Monde. On peut reconnaître Lénine et Staline dans les barbes et moustaches des cochons. Si la force de frappe propagandiste de l’Occident est énorme, il n’est pas certain qu’ils aient atteint leur objectif anticommuniste. La BD est très fidèle au texte. Celui-ci est bien sûr une charge contre le stalinisme mais il s’agit surtout d’un avertissement adressé aux peuples qui mènent une révolution à ne pas se la laisser déposséder par ceux qui la transformeraient en dictature, du prolétariat ou autre.

 

cinq cambridgeNeuray et Lemaire, Les Cinq de Cambridge, tome 2, 54 Broadway, Casterman, 2016, 14€

 Suite de l’histoire des cinq universitaires anglais recrutés par le NKVD pour envoyer des informations à l’URSS. Ce tome se situe entre le début de la Guerre d’Espagne, juste avant le début de la Seconde Guerre mondiale, et l'opération Barbarossa en 1941. Où l’on voit comment ils ont pu intégrer des postes importants dans les institutions anglaises (MI6, The Times, BBC, ambassade de Grande Bretagne à Paris).

 

 

 le dernier assautTardi et Dominique Grange, Le dernier assaut, Casterman, 2016, 23€tm coeur

Une nouvelle (ultime ?) fois, Tardi nous renvoie à l’horreur du front et des tranchées de la Première Guerre mondiale. Appuyé par un choix de couleurs moroses, teinté d’une certaine forme d’humour noir, le récit dénonce la cruauté de certains chefs exploitant les soldats comme de la « chair à canon ». De manière originale, cette BD est accompagnée d’un CD, interprété par Dominique Grange, marquant un peu plus cette volonté de montrer l’absurdité des différents massacres.

guerre des lulusRégis Hautière et Hardoc, La guerre des Lulus, tome 4, 1917. La déchirure, Casterman, 2016, 13,95€

1917. Luce, Lucas, Lucien, Luigi et Ludwig grandissent avec la guerre… À mesure que celle-ci se prolonge, l’espoir et l’innocence s’estompent doucement. En outre, l’adolescence pointe le bout de son nez et les premières tensions naissent dans le petit groupe. Leur périple les amène dans une région de Belgique peuplée par des habitants à l’accent étrange... Les rencontres surprenantes vont se succéder. Le cycle de bande dessinée de Hautière et Hardoc touche doucement à sa fin.

 josephine bakerJosé-Louis Bocquet et Catel, Joséphine Baker, Casterman, 2016, coll. « Écriture », 24,95€tm coeur

Tout en noir et blanc, Bocquet et Catel retracent la vie tumultueuse de Joséphine Baker. Ce volumineux roman graphique revient en effet sur les différents aspects de sa vie, de sa naissance à son dernier souffle, de sa reconnaissance comme première « star » mondiale noire à sa lutte contre le racisme. On y découvre également ses années de résistance, pour arriver à son projet de tribu « arc-en-ciel ». Cette BD est également enrichie, en fin d’ouvrage, d’une chronologie ainsi que de différentes biographies.

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