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Centre d'éducation à la Résistance et à la Citoyenneté

Aide memoire 79

Une dose de Dada jazz?

Par Raphaël Schraepen

 

Dans le cadre du festival « Exils » organisé par l’Orchestre Philharmonique Royal de Liège, du 2 au 5 février 2017, la revue Aide-mémoire vous propose de redécouvrir cet article de Raphaël Schraepen consacré au compositeur tchèque Erwin Schulhoff. Le festival « Exils » rappelle le destin de nombreux musiciens qui, autour de la Seconde Guerre mondiale, ont dû fuir l’Allemagne nazie ou tenté de survivre par la musique dans les camps ; d'autres furent par ailleurs interdits parce qu’ils étaient juifs, communistes ou qu'ils composaient de la musique d'avant-garde.

Sur la question des musiques qualifiées de « dégénérées » par les nazis, Raphaël Schraepen est également l’auteur d’un ouvrage intitulé Pas d’oiseau sur les fils, édité aux Territoires de la Mémoire.

AM79 p.8 SchraepenContrairement à d’autres compositeurs morts, le plus souvent assassinés, en déportation et oubliés pendant des décennies, Erwin Schulhoff (1894-1942) a droit depuis longtemps à quelques paragraphes dans les dictionnaires de musique classique. C’est qu’il fut connu sinon célèbre durant les années vingt et trente du siècle dernier. Une reconnaissance, tardive mais bien réelle, de son œuvre a impliqué, et implique encore, une discographie, discrète en termes de retombées populaires, mais bien réelle en nombre et en qualité. À telle enseigne que le néophyte peut se retrouver perplexe devant un corpus abondant et inconnu : par où commencer ? De plus, à l’instar d’un Stravinsky, Schulhoff proposa une œuvre protéiforme et un guide n’est sans doute pas inutile pour se promener dans un chaos qui n’est apparent que si l’on ignore les simples repères chronologiques.

Cela dit, on peut également percevoir une forme de chaos volontaire dans les premières années de sa carrière de musicien professionnel. Né à Prague mais de descendance juive allemande, Erwin développe dès la petite enfance des dons pour la musique, à telle enseigne que le compositeur Antonín Dvořák, en fin de vie et habituellement peu enclin à s’occuper d’enfants prodiges, le recommanda à un professeur pour des cours privés au conservatoire de Prague. En outre, même s’il n’y a plus de témoins de la rencontre pour le prouver, on dit que Dvořák récompensa l’enfant de sept ans de deux tablettes de chocolat !

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La Bibliothèque George Orwell présente...

Par les bibliothécaires Jérôme Delnooz, Lydia Haway et Michel Recloux

 

cultures des lisieresJean Hurstel, Cultures des lisières : éloge des passeurs, contrebandiers et autres explorateurs, Cerisier, 2016, coll. « Place publique », 12€tm coeur

Ce livre est une invitation à explorer la culture, où qu’elle soit, et quelle que soit sa forme… Les objets culturels rencontrés dans les grandes métropoles et leurs foyers artistiques, mais aussi les terres excentrées se trouvant « en lisière » de la culture légitimée, véritables viviers de cultures populaires, de culture des exclus... À travers le voyage qu’il nous propose à la marge, Hurstel sensibilise le lecteur à cette diversité, mais bat aussi en « bêche » l’idée de hiérarchie culturelle en prônant l’égale dignité des cultures. Dans cette optique, l’homme de théâtre français souhaite mettre en germe une vraie conception de la démocratie culturelle.

 

age des demagoguesPierre-Luc Brisson, L’âge des démagogues : entretiens avec Chris Hedges, Lux, 2016, 12€tm coeur

 Le monde occidental s’écroule, les gens sont de plus en plus en colère et de partout sortent de nouveaux tribuns populistes et démagogues. Dans ces entretiens, Chris Hedges, prix Pulitzer et esprit libre, explique la montée en puissance de Donald Trump et de ceux et celles qui lui ressemblent. « C’est une analyse du néolibéralisme totalitaire et de la montée des extrémismes partout dans le monde, et qui incite, en fin de compte, à la rébellion »

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Opinion (Mots)

Par Henri Deleersnijder

           

AM79 p.10 Deleersnijder Assemblées des notables1787Dans un article de la revue Les Temps modernes (n° 318, 1973) repris dans son ouvrage Questions de sociologie[1], Pierre Bourdieu affirmait, un brin provocateur, que « l'opinion publique n'existe pas ». La télévision et les instituts de sondage ne se privent cependant pas depuis belle lurette de la saisir, cette pensée sociale dominante, sur telle ou telle question d'intérêt général et principalement en période de surchauffe électorale. Le tout à l'aide de techniques éprouvées, se voulant arrimées à une démarche scientifique rigoureuse.

L'ennui, c'est que la « volonté populaire » semble prendre en ce moment un malin plaisir à passer entre les mailles des questionnaires les mieux préparés et des enquêtes les plus rationnellement menées. Elle s'esquive volontiers, cette vox populi, prend la tangente plus souvent qu'à son tour, laissant pantois une cohorte d'experts en tous genres contraints d'expliquer après-coup ce qu'ils n'avaient pas vu venir. Il suffit de penser aux résultats du Brexit au Royaume-Uni, à l'élection de Donald Trump aux États-Unis et à la victoire de François Fillon à la primaire de la droite en France. Bref, les prévisionnistes patentés et autres politologues ayant pignon sur médias en ont été pour leurs frais : ils se sont littéralement plantés...

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Résilience

Par Jean-Louis Rouhart

 

AM79 p.10 Rouhart BorisCyrulnikccActuaLittéDans ses ouvrages, notamment Je me souviens… (2009), Les Vilains Petits Canards (2001) ou encore Autobiographie d’un épouvantail (2008), le psychiatre et psychanalyste français Boris Cyrulnik s’est employé à vulgariser et à médiatiser le concept de résilience (du latin resilire, littéralement « sauter en arrière »), c’est-à-dire la capacité à résister à un traumatisme, puis de rebondir, de se reconstruire après le trauma.

Cette situation s’applique à toute victime de catastrophes naturelles ou humaines et singulièrement aux rescapés des camps de concentration nazis. Ceux-ci ont en effet pu survivre aux terribles conditions d’existence qui régnaient dans les camps en s’adaptant et en réagissant d’une manière adéquate au traumatisme quotidien ; plus tard, à leur retour des camps, ils ont retrouvé leur place dans la société, du moins quand leur processus de résilience a pu se développer.

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Le triangle vert et autres découvertes dans le monde virtuel

Par Julien Dohet

À la demande du comité de rédaction, je ne consacre exceptionnellement pas cette chronique à l’analyse d’un ouvrage, mais je vais m’intéresser aux sites Internet de l’extrême droite belge francophone[1]. L’étude des mémoires de l’Amiral Horthy en lien avec la situation en Hongrie fera l’objet de notre prochain texte.

 

Une présence très clairsemée, illustrative de l’état de l’extrême droite belge francophone

AM79 p.11 Dohet2La présence sur Internet de l’extrême droite belge francophone est à l’image de la situation structurelle et militante de celle-ci : très faible. Ainsi le site du FN-Belge – qui utilise la flamme tricolore et dit exister « depuis 1985 » afin d’incarner la continuité avec le parti créé par Daniel Féret[2] ­– se résume-t-il à une seule page renvoyant vers un compte Facebook dont le contenu est également très pauvre et peu actualisé[3]. Un autre site, quelque peu plus fourni, est celui de Démocratie Nationale. Il reprend une série d’imageries traditionnelles de l’extrême droite francophone comme le « ouvrez les yeux » utilisé depuis les années 80 et repris d’une campagne du FN français[4]. Les thèmes développés y sont relativement classiques : dénonciation de « l’islamisation de nos villes et villages », refus de l’entrée en Europe de la Turquie, défense des « racines chrétiennes et de la culture européenne », dénonciation de l’ostracisme subi qui est antidémocratique… On notera une définition de l’ethnocide comme d’« un mécanisme de déracinement culturel, la destruction de l’identité culturelle d’un groupe, sans nécessairement détruire physiquement ce groupe » afin de décrire le processus vécu par les Européens de race blanche dans leur propre pays. Dans la charte en ligne, qui se veut courte et énonciatrice des grands principes en 14 points, on retrouve la dénonciation « des utopies universalistes et mondialistes » et à l’inverse la nécessité de défendre « l’idée de communauté populaire enracinée », la défense de la patrie et de la famille (qui est « composée d’un homme et d’une femme » et pour laquelle il faut lutter contre « la culture de mort » que constitue le droit à l’IVG), la défense d’un capitalisme national face à la mondialisation avec une vision corporatiste de l’entreprise (« l’entreprise est une famille de producteurs : il faut y partager les richesses selon les mérites de chacun »), avant des chapitres dénonçant l’islamisation et l’immigration, intégrant un volet sur la protection animale se résumant à la question des abattages rituels.

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