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Centre d'éducation à la Résistance et à la Citoyenneté

Aide memoire 80

Le mythe des condamnations « à 10 ans de camp de rééducation par le travail sans droit à la correspondance et sans droit aux colis » en Union soviétique

Par Jean-Louis Rouhart

 

AM80 p.10 Rouhart Prisonniers au travail sur le canal de la Mer BlancheL’étude de l’histoire de l’appareil judiciaire répressif en Union soviétique et de la correspondance des détenus du Goulag réserve quelques surprises. Ainsi, on découvre que la mesure pénale prévoyant une condamnation « à 10 ans de camp de rééducation par le travail sans droit à la correspondance et sans droit aux colis » ne figurait pas dans le Code Pénal de l’Union Soviétique. En fait, il s’agissait d’une formule inventée par le ministère de l’Intérieur pour servir d’écran au très grand nombre de condamnations à la peine capitale (750.000) qui furent prononcées par défaut et sans appel lors de la Grande Terreur (1937 - 1938).

Quand ils étaient interpellés par les proches qui voulaient avoir des nouvelles des condamnés, les représentants du ministère devaient répondre oralement que les personnes concernées avaient été condamnées à cette peine, alors qu’en réalité elles avaient déjà été fusillées. De nombreux témoignages montrent que les citoyens soviétiques crurent à la véracité de ces déclarations.

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Horthy : le Pétain hongrois

Une chronique de Julien Dohet

 

La Hongrie est aujourd’hui un des pays européens qui a le plus renoué avec son passé d’extrême droite, et ce sans que les autres pays européens ne prennent de réelles mesures contre une dérive inquiétante. Il nous a donc semblé intéressant de rappeler dans cette chronique que la Hongrie eut un gouvernement autoritaire de 1920 à 1944, proche à de nombreux égards de ce que Pétain mettra en place pour la France « libre ».

 

AM80 p.11 DohetAu-delà de l’idéologie, un parcours similaire

Les parallèles entre l'amiral Miklós Horthy (1868-1957) et le maréchal Philippe Pétain (1856-1951) sont nombreux. Sur la manière de justifier la politique qu’ils mèneront, mais aussi dans leur parcours de vie. Horthy est né le 18 juin 1868 dans le domaine familial. Dès l’âge de 8 ans il est élevé par un percepteur. Il s’engage dans une carrière militaire comme officier de marine et y connait la transition de la marine à voile vers la marine à vapeur. Les longs passages qu’il consacre dans ses mémoires[1] à cette période nous permettent de voir combien Horthy, tout comme Pétain, était un homme de ce long XIXe siècle, pour reprendre la chronologie de l’historien britannique Eric Hobsbawm[2]. Outre le fait de vivre dans un monde à part auprès de l’Empereur où l’on pratique les compétitions de voiles et de polo, sa vision raciste et européo-centrée du monde est clairement exprimée : « Le désir de chaque jeune officier de marine, d’accomplir un voyage autour du monde, se réalisa pour moi lorsque je fus muté, au cours de l’été 1892, sur la corvette Saïda (…) Ce voyage, qui devait durer deux ans, fait encore aujourd’hui partie des plus beaux souvenirs de mon existence. (…) Le règne de l’homme blanc sur les continents lointains était ferme et incontesté[3]. » Un « temps béni des colonies » qu’à l’heure d’écrire ses mémoires Horthy regrette : « Ce que nous pûmes voir des Indes témoignait des admirables réalisations coloniales des Anglais. (…) Ils empêchaient les luttes intestines entre Hindous et Musulmans. Au point de vue économique, ils avaient canalisé des fleuves et assuré l’irrigation de nombreuses terres du Pundjab. Ils avaient construit des routes et des voies ferrées ; en un mot, ils apportaient la civilisation et la richesse, et réussissaient à maintenir l’ordre avec des forces relativement modestes. De nos jours, l’Inde est coupée en deux, et des millions de réfugiés doivent souffrir, de chaque côté de la frontière, pour le prétendu bonheur de leur libération[4]. »

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Le mot de la présidente : À l'heure où sont écrites ces lignes...

AM66 DDaubyÀ l’heure où sont écrites ces lignes, le premier tour des présidentielles françaises n’a pas encore eu lieu et la perspective d’une victoire de l’extrême droite n’est plus une fiction.

En Belgique, l’extrême droite francophone n’émerge pas (encore ?) quand les dérapages (contrôlés ?) de la NVA nous autorisent à la qualifier au moins de droite extrême et que le Vlaams Belang reste bien vivant.

L’impression que l’heure est plus grave encore qu’en 1994, date de création des Territoires de la Mémoire, est tenace. Et avec elle, se pose forcément la question lancinante du sens et de la pertinence de notre engagement dans le travail de mémoire. Travail et non pas devoir. Car il ne suffit pas que la mémoire des camps et des génocides ayant marqué l’Europe soit une mémoire partagée. En effet, si même nous ne vivons pas une simple répétition des années trente, le racisme et le nationalisme se déploient dans des proportions que nous ne pouvons plus ignorer, notamment parce qu’ils ne sont plus l’apanage des seuls partis d’extrême droite. Un simple devoir de mémoire nous priverait d’une indispensable articulation au présent et des engagements qu’elle suppose. De la plus grande exposition à la plus petite animation en Maison de jeunes, tout fait eau au moulin de notre combat : éduquer, rencontrer, témoigner, partager et questionner, dénoncer sans relâche les dizaines de milliers de morts/es en Méditerranée. D’où venons-nous pour supporter cela ? Quelle mémoire nous reste-t-il à travailler ?

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