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Centre d'éducation à la Résistance et à la Citoyenneté

Aide memoire 81

À propos d’une exposition à Berlin sur Luther et le national-socialisme

Par Jean-Louis Rouhart

 

AM81 p.8 RouhartÀ l’occasion du 500e anniversaire de la Réforme, le centre de documentation berlinois « Topographie des Terrors » (Topographie de la Terreur) organise jusqu’au 5 novembre 2017 une exposition basée sur la réception des thèses de Martin Luther en Allemagne durant la période national-socialiste et l’utilisation des écrits antisémites du réformateur à des fins de propagande par le régime nazi.

On sait que Martin Luther, déçu par le fait que les communautés juives ne reconnaissaient pas la « vraie foi » et ne se convertissaient pas aux idées de la Réforme, rédigea à la fin de sa vie des traités virulents à l’égard des Juifs (Des Juifs et leurs mensonges). Ces écrits furent exploités par les feuilles de propagande nazie comme le Stürmer et médiatisés dans des productions théâtrales et cinématographiques et lors d’expositions à caractère raciste. Ils servirent à justifier les actions violentes entreprises à l’encontre de la population allemande de confession juive ainsi que le génocide qui s’en suivit. À l’époque, Luther apparaissait comme une figure de guide d’union nationale : le mouvement des « chrétiens allemands » voyait dans le régime nazi « l’accomplissement de la Réforme allemande dans l’esprit de Martin Luther ».

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Comment les Juifs de Belgique ont affronté le nazisme

Par Jérôme Delnooz

 

AM81 p.8 NejszatenAprès la sortie, en 1991, de l’ouvrage Partisans armés juifs : 38 témoignages auquel il avait contribué, Michel Nejszaten a commencé à analyser la manière dont la population juive de Belgique, notamment immigrée, avait affronté le nazisme avant et durant la Seconde Guerre mondiale. Suite à ce focus sur un groupe de résistance armée précis, l’objectif était d’élargir le prisme pour avoir « une vue d’ensemble » sur l’action de la communauté. La réflexion a abouti à l’écriture de ce livre qui nous démontre qu’en dépit de toute la diversité qui caractérisait les Juifs en Belgique (différences sociologique, politique, religieuse…), ils ont su opposer une résistance, au visage multiple et évolutive, à chaque étape de leur oppression. D’abord, en tant qu’« illégaux » ou immigrés dans l’Avant-guerre, mais surtout contre le nazisme et les logiques barbares mises en place par ce dernier (stigmatisation, déportation, extermination…). Dans des circonstances très difficiles, la lutte a été non-armée, comme celle menée par le CDJ (Comité de Défense des Juifs), ou violente, comme celle des Partisans juifs armés de Bruxelles. Et ici – il s’agit là d’une autre grande force de l’ouvrage – l’articulation entre le collectif et les individus s’incarne dans le récit des parents de l’auteur et de proches, tous d’anciens membres de l’Armée des partisans. Un hommage à la mémoire familiale, et une immersion dans le fonctionnement d’un groupe clandestin, mais de surcroît un moyen de réhumaniser, de replacer des destins individuels dans l’Histoire.

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Un « On est chez nous » d’exclusion

Une chronique de Julien Dohet

 

AM81 p.11 Dohet 1Nation semble de plus en plus se profiler comme le seul parti d’extrême droite encore en capacité d’allier présence sur les médias sociaux, actions militantes et structuration en vue des élections. Cette alchimie en fait certainement la composante de ce courant la plus dangereuse à la veille d’une séance électorale importante. Déjà évoqué dans un précédent article[1], nous revenons ici sur une analyse de deux médias utilisés par ce parti.

 

Un front patriotique

« On est chez nous ! » ce slogan ayant inspiré le titre d’un intéressant film sur l’extrême droite en France, a été choisi par Nation pour son triptyque tracté ses dernières semaines par ses militant(e)s. Le slogan, accompagné du trident rouge et noir symbole du mouvement, est placé sur un fonds représentant une de leur manifestation lors de laquelle les militant(e)s portent des drapeaux belges et wallons ainsi qu’aux couleurs rouge et noir. À l’intérieur, trois thèmes sont développés. Les deux premiers – « djihad ne passera pas ! » et « on ne peut pas accueillir toute la misère du monde » – sont centrés sur l’immigration tandis que le troisième reprend un autre classique de l’extrême droite « ni socialisme, ni capitalisme, troisième voie ! »[2]. On notera que les solutions aux « problèmes » soulevés ne sont que de l’ordre du répressif. Le dos est à nouveau centré sur l’immigration avec un « aidez Nation à garder la Belgique… belge » accompagné de la volonté de défendre « l’identité et la civilisation européenne ainsi que sa culture millénaire » en prônant la « remigration » et une laïcité à géométrie variable comme la pratique Marine Le Pen car « Nation combat l’extrémisme religieux et tous ceux qui veulent transformer notre société européenne au nom de leur religion ». Religion qu’il faut comprendre comme étant uniquement l’islam.

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Le mot du (nouveau) Président :

Par Jérôme Jamin

AM81 p.12 JérômeJaminPrésidentJe me suis rendu pour la première fois aux Territoires de la Mémoire il y a presque 20 ans. À l’époque, l’association était certes déjà bien sur pied en tant que structure avec une assemblée générale, un conseil, des subsides, un peu de personnel et des locaux, mais à bien des égards tout restait à faire : l’outil était prêt mais il n’avait pas encore été beaucoup utilisé ! Le projet était réussi, mais il allait devoir faire ses preuves ! Le personnel était aux commandes mais l’orage n’était pas encore passé ! Car il faudra tenir le cap face à un futur qui sera finalement bien plus sombre que ce qui était prévu lorsqu’au début des années 1990, l’extrême droite entrait pour la première fois dans les Parlements et qu’au passage le racisme et la haine se banalisaient dans la société.

L’Histoire s’est accélérée et le combat ne commence pas, ne commence plus, il est devenu permanent. L’extrême droite parlementaire n’est plus la principale menace, ses idées circulent seules, elles ont pris le relais de façon parfois autonome, ses mots et sa vision du monde se retrouvent parfois là où on ne les attend pas !

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