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Centre d'éducation à la Résistance et à la Citoyenneté

Aide memoire 81

Réappropriation de l’espace public : un aéroport comme terrain de jeu

Par Gaëlle Henrard

 

AM81 p.4 Tempelhof field 2017 2Voyage à Berlin en avril dernier, les Territoires de la Mémoire et le Centre d’études « Démocratie » de l’Université de Liège participent à la visite d’un lieu pour le moins atypique : l’ancien aéroport de Tempelhof. Outre son caractère mémoriel en mille-feuille, ce lieu a des choses à nous apprendre en termes de dynamique démocratique. Si l’on en croit la tendance à la privatisation de l’espace public par quartiers entiers et le phénomène de gentrification qui va grandissant dans les grandes comme les petites villes, le contexte ne semble pas propice à la mise en commun des ressources spatiales. Mais l’horizon ne semble pas pour autant bouché et des initiatives existent qui nous permettent de croire que d’autres façons de penser la ville et la vie en ville existent et se maintiennent. L’ancien aéroport berlinois nous fournit une bonne porte d’entrée pour se pencher sur le commun en le replaçant d’où il vient : dans l’espace, la territorialité, et pour le coup dans l’espace urbain.

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La marchandisation de l'eau : le cas du désert d'Atacama (Réalité brute)

Par Gilles Rahier

 

AM81 p.5 RahierEn abordant la notion de « bien commun », un élément, que nous utilisons quotidiennement, est souvent au cœur des débats : l'eau. Sans rentrer ici dans un débat écologiste sur son avenir, nous souhaitons parler de sa marchandisation. En effet, malgré sa nécessité pour la vie et la planète, elle s'est transformée en bien de consommation courante, que ce soit à travers le traitement des eaux usées, la distribution de l'eau courante, la vente d'eau en bouteille par des grandes multinationales ou le rejet de déchets industriels.

Ce bien commun est donc abandonné aux politiques libérales et au marché, qui mènent une véritable bataille pour sa possession. Ils considèrent alors que l'eau est un « besoin et non un droit : la fourniture de l'eau n'est plus ainsi une obligation pour l'État, et l'accès à l'eau pour tous ne serait plus garanti[1] ». En Europe, les concessions aux entreprises privées produisent une rente de l'eau, aux mains d'un petit nombre de firmes, qui définissent sa valeur économique et instaurent la primauté de l'investissement privé. Actuellement, peu de pays ont résisté à cette phase de privatisation des services d'eau.

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Idiocratie et médiocratie

Par Raphaël Schraepen

 

William Merritt Chase Keying upAujourd'hui, plus personne n'a le droit d'avoir faim ou d'avoir froid. Certes, c'est une évidence. Pas d'idéologie, ni de discours, ni de baratin, ajoute-t-on souvent. Dommage. Depuis des décennies, des autoproclamés « enfoirés » nous rabâchent la même chanson, sourires obligés et larmes de circonstance au bon moment. Et surtout, pas d'idéologie. Le secteur privé prend en charge une partie de la misère de la France (le phénomène existe aussi en Belgique) à défaut de celle du monde, sans que ce problème de société soit résolu de façon pérenne par les pouvoirs publics. Résultat : les « enfoirés » chanteront encore longtemps et le sexagénaire sympa au feu rouge au bout de ma rue fera encore la manche.

Cette médiocrité artistique n'est pas que le fait des « Obispos » et des « Goldmen ». Souvenons-nous de cet excellent sketch des Inconnus qui mêlait habilement les révoltes puériles de Bruel et de Pagny dans la chanson « Casser Les Couilles ». Pas d'idéologie. « Quant à Jean-Marie Le Pen... (temps d'arrêt, suspense) il dit pas que des conneries. » Médiocratie ? Idiocratie ? Au début des années 1980, feu Balavoine fut sans doute un des premiers à mettre sur la place publique une colère juvénile mal assumée, déguisée en attitude révolutionnaire. Et les choses n'ont fait qu'empirer depuis. En 2007, le réalisateur américain Mike Judge propose son film Idiocracy, pamphlet à la fois hilarant et consternant qui montre une société dominée par les loisirs les plus stupides et où un « average man » (« homme moyen ») devient par défaut l'homme le plus intelligent du monde. On y voit aussi un président des États-Unis déplorable, sorte d'hybride entre Barry White et... Donald Trump ! Le film n'est pas une réussite totale, mais fait mal là où il faut. En 1992, Tim Robbins avait signé avec Bob Roberts un film sarcastique plus dérangeant que drôle sur un chanteur folk réac (fameux oxymore !) qui devient président des États-Unis. Ce Bob Roberts avait titré un de ses albums Times Are Changing Back en prenant le contre-pied de l'album fondateur de Bob Dylan The Times They Are A-Changin'.

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La Bibliothèque George Orwell présente...

Par Michel Recloux et Jérôme Delnooz, bibliothécaires

 

en quel temps vivons nousJacques Rancière, En quel temps vivons-nous ? Conversation avec Eric Hazan, La Fabrique, 2017, 10€

Une conversation entre deux grands penseurs de notre époque, sur notre époque, sur les concepts de démocratie, de système représentatif, sur le travail… sur tous les aspects qui dominent le « peuple » et sur ce qui permet de s’en échapper, comme l’insurrection.

 

 

 

lavaLava, n°1, printemps 2017, 14€

Nouvelle revue belge qui se présente elle-même comme « une revue de critique sociale et d’analyse marxiste sur tous les sujets ayant trait à l’émancipation humaine. En ce sens, même si Lava part d’un positionnement intellectuel spécifique, elle abordera ce débat de manière ouverte afin de se nourrir d’idées nouvelles, hétérodoxes, imaginatives. » Le sommaire du premier numéro : « Les pièges du "féminisme-spectacle" par Aurélie Lanctôt, « Le grand escamotage néolibéral » par Karim Zahidi, « Entre bulles et stagnation », Interview de John Bellamy Foster par Ruben Ramboer, « L’égalité comme postulat » par Matthias Lievens, « La croisade contre l’État en Amérique profonde » par Frederica Bono. 152 pages de pensée critique dans un format à la Médor !

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Commun (Mots)

Par Henri Deleersnijder

 

George orwell BBC« Tous ces prés-là jusqu'au bois de la chaussée, de tous temps y z'ont été champêtres, de tous temps, à preuve j'me souviens qu'mon père y m'racontait qu'son père à lui gamin y m'nait déjà le troupeau, de tous temps, de tous temps ces bas prés y z'ont été pacage communal, et si loin qu'jai pu l'entendre jamais le château s'en est mêlé, jamais ! »

Cette réplique est tirée du téléfilm 1788, de Maurice Failevic et Jean-Dominique de La Rochefoucauld, remarquable chronique d'un petit village de Touraine, dans la région de Chinon, à la veille de la Révolution française. Le comte du lieu a décidé d'enclore les biens communaux, ces prés – dits « champêtres » à l'époque – fournissant une ressource en herbe pour les maigres troupeaux des paysans.

C'était un droit d'usage ancestral du régime féodal que de laisser libre accès à ces pâtures communales, lesquelles échappaient à toute propriété privée. Preuve que celle-ci n'a pas toujours constitué la règle et que, depuis la nuit des temps, les besoins économiques et sociaux des communautés villageoises ont engendré des pratiques collectives, garantes de meilleures possibilités de survie. On aurait tendance à l'oublier à l'heure où le tout-individuel prévaut et où les processus de privatisation, bien au-delà du monde rural, grignotent de plus en plus le domaine public, y compris les services.

Le mot « commun » serait-il en train de devenir un gros mot ? On pourrait le craindre. Il avait déjà été lesté d'une forte dose de mépris lorsque, dans la bouche de ceux qui s'estimaient, dans l'Ancien Régime, bénéficier d'une extraction supérieure, il servait à désigner les gens du peuple, autrement dit le « commun ». Mais rien ne prouve que la société actuelle, si souvent gangrenée par l'inculture et l'arrogance financière, reste préservée de ce genre de stigmatisation à l'égard des plus démunis.

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