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Centre d'éducation à la Résistance et à la Citoyenneté

Aide Mémoire 82

À qui appartient l’art ?

Par Raphaël Schraepen

 

AM82 p8 schraepenDébut 2017, Gene Simmons, le grotesque bassiste du non moins pathétique groupe Kiss, a voulu déposer à l'équivalent américain de la SABAM ou de la SACEM un geste qu'il accomplit sur scène depuis des dizaines d'années et dont il serait l'initiateur, donc le propriétaire. Il s'agit de ce mouvement de la main qui consiste à replier majeur et annulaire et tenir bien droits index et auriculaire et brandir le bras pour revendiquer son allégeance à Satan, Belzébuth, Baal ou n'importe quoi qui serait censé choquer l'Américain moyen puritain.

Devant le tollé provoqué par cette prétention, même chez ses fans, Simmons a fini par renoncer. Imaginez que Churchill ait voulu déposer le V de la victoire. Les hippies des sixties auraient dû verser à ses ayant-droits des royalties chaque fois qu'ils faisaient le geste de la paix. Mais cessons de rire un moment. L'attitude de Simmons pose question sur ce qui est commun à tous et sur ce que chacun peut avoir le droit de revendiquer en tant que créateur. La notion de droit d'auteur est tellement complexe en ce qu'elle varie selon les pays et les époques qu'il est bien difficile d'en faire une synthèse définitive dans le cadre d'un article comme celui-ci.

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La Bibliothèque George Orwell présente...

Par Jérôme Delnooz, bibliothécaire

 

revoltes terresMarion Mousse, Koza, La révolte des terres, Casterman, 2017, 18€tm coeur

Le maquis, le sabotage, les presses clandestines… La résistance a pris de multiples formes durant la Seconde Guerre mondiale. Mais certaines sont moins présentes dans notre mémoire collective. Dans le but de combler ces « trous mémoriels », cette BD met en lumière un des premiers actes collectifs de résistance contre l’Occupant relativement méconnu : la grande grève dans le bassin minier du nord de la France durant le printemps 1941. Une lutte contre des conditions de travail exécrables, contre la faim aussi, mais également une lutte patriotique, qui se solde par une répression brutale de la part des Nazis. Les exécutions et les déportations vers les camps de concentration attendent Ferdinand, héros de ce récit, et de nombreux autres camarades. Un périple qui les amène à croiser, à la citadelle de Huy, de nombreux mineurs et ouvriers liégeois eux aussi révoltés, partageant le même sort funeste. Le style graphique, noir (charbon) et blanc, de Mousse est superbe. Si les silhouettes des hommes se diluent dans l’encre, leur dignité non!

fantomes ermoBruno Loth, Les fantômes de Ermo, t.1, La Boîte à Bulles, 2017, 25€tm coeur

Ermo est un jeune orphelin espagnol, enfant des rues. L’espoir s’offre à lui lorsqu’un magicien ambulant et sa troupe l’invitent à les accompagner dans leur tournée. Mais voilà, c’est l’été 1936. La guerre civile espagnole va éclater et faire disparaître toute cette magie. Le rouge flamboyant du monde du spectacle va laisser place au rouge sang… mais aussi au rouge du drapeau anarchiste, rempart contre le franquisme ! La guerre d’Espagne vue à travers les yeux d’un gamin qui perd son innocence et est amené à côtoyer des fantômes beaucoup trop tôt… ou un lever de rideau sur la destinée de la jeune République espagnole.

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Urbanité (Mots)

Par Henri Deleersnijder

 

Dans son ancienne chanson La ville, Charles Aznavour mettait en garde : « Attention, attention, la ville est une étrange dame / Dont le cœur a le goût du drame / Elle est sans feu elle est sans âme / Elle a brisé mes illusions », estimant qu'elle était un « Faux paradis pour malheureux ». C'était là un verdict qui s'opposait, sans appel, à un célèbre proverbe médiéval : « L'air de la ville rend libre. »       

Il est vrai qu'au Moyen Âge, cette période de l'Histoire si volontiers décriée au nom d'une modernité sûre d'elle-même, les paysans qui réussissaient à s'échapper de leur seigneurie pour s'installer dans un milieu urbain se trouvaient, au-delà d'un mois et un jour, d'office affranchis. Et ces émancipations eurent des effets bénéfiques pour leurs semblables restés sous la coupe de leurs maîtres guerriers, ceux-ci étant alors portés à des concessions pour conserver auprès d'eux leurs travailleurs de la terre. 

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Wilhelm Brasse : le photographe d’Auschwitz

Par Jean-Louis Rouhart

 

AM82 p.10.Rouhart Czeslawa Kwoka Brasse WEBQuels sont les points communs entre Wilhelm Brasse et Francisco Boix, dont on vous parle ailleurs[1] ? Tous deux ont été détenus dans des camps de concentration nazis, l’un à Auschwitz-Birkenau, l’autre à Mauthausen, et ont réalisé pour le service d’identification, dans lesquels ils travaillaient, de nombreuses photographies de prisonniers. Ils sont également les auteurs de clichés illustrant des scènes et des évènements saillants qui se sont passés dans les camps.

Ayant refusé, malgré ses origines autrichiennes, de signer la Volksliste, signifiant le ralliement à l’occupant allemand, Wilhelm Brasse s’enrôle dans l’armée polonaise. Arrêté par les Allemands en 1940, alors qu’il tentait de passer la frontière hongroise, il est envoyé dans le camp d’Auschwitz-Birkenau. Il y restera cinq ans. Il survit grâce son activité au service d’identification (Erkennungsdienst) où il dirige, sous la surveillance d’un Oberscharführer SS, une équipe de photographes chargés de photographier les milliers de prisonniers arrivant de toute l’Europe au camp d’Auschwitz-Birkenau. Il sera également forcé de traiter des clichés réalisés par le personnel nazi et de documenter, entre autres, les premiers tests du zyklon B effectués sur des prisonniers russes et polonais ainsi que les expériences sordides menées par les médecins Clausberg, Mengele et Wirths.

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Antimarxiste et antidémocratique, bref d’extrême droite

Une chronique de Julien Dohet

 

Après plusieurs articles de décryptage plus actuels, nous abordons cette fois un ouvrage plus ardu faisant partie des « classiques » d’une bibliothèque d’extrême droite. Le parcours de son auteur est en soi intéressant sur un aspect que nous avons déjà plusieurs fois souligné : les idées d’extrême droite sont loin d’avoir été éradiquées en 1945 et sont vite revenues sur le devant de la scène[1].

 

Un « non-conformisme » d’extrême droite qui mène à l’Académie française

Thierry Maulnier (1909-1988), de son vrai nom Jacques Talagrand, fait une partie de ses études avec Maurice Bardèche[2] et Robert Brasillach. C’est à ce moment qu’il commence à fréquenter l’Action Française de Charles Maurras en 1930[3]. Il intègre à la même époque le mouvement des non conformistes et multiplie les publications. Mais Maulnier va aussi être un penseur d’une extrême droite « révolutionnaire », surtout à partir de 1936 et de la fondation de L’insurgé, puis en 1938 avec une collaboration régulière dans l’Action Française, qu’il arrêtera fort opportunément au moment du débarquement des Alliés en Afrique du Nord en novembre 1942. Ce retrait précoce lui permet de ne pas être trop compromis dans la Collaboration, malgré sa participation peu avant à des conférences et formations pour la Légion Française des combattants. Devenu un collaborateur régulier du Figaro, il se consacre après la guerre à sa production littéraire et se fait discret sur le plan politique, permettant son entrée en 1964 à l’Académie française. Maulnier ne sera cependant pas totalement inactif, participant activement, à la fin des années 1960, avec Dominique Venner, à l’Institut d'études occidentales et aux travaux de la « Nouvelle Droite »[4] dont il sera en 1979 membre du comité d'honneur de la Nouvelle École.

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