Déchéance de nationalité et amalgame : nuances et vigilances !

20141016 tdlm communication visuelgeneriqueAlors que, ce vendredi 6 février, le Conseil des ministres a abordé une série de mesures en matière de sécurité, les Territoires de la Mémoire asbl reste très inquiète face au projet d’extension de loi sur la déchéance de la nationalité belge aux deuxième et troisième générations. 

Si ce dernier projet a toutefois été temporairement reporté ce matin faute d’accord au sein du gouvernement, ce type de mesure pourrait menacer les fondements de notre démocratie et notre conception du « vivre ensemble ». Elle génère à la fois un effet de stigmatisation improductif, et laisse par ailleurs penser que seule la réponse « plus de répression, plus de sécurité » est possible et suffisante.

Les Territoires de la Mémoire asbl s'inquiète, au regard de l'Histoire, de toute mesure politique prises sous le coup de l'émotion et motivée par la peur.

En cas d’activation des mesures, toute l’attention de nos élus sera requise lors des travaux parlementaires.

Aussi, une loi votée en 2012 laisse déjà au juge le pouvoir de retirer la nationalité belge à une personne condamnée pour certains faits, dont les actes terroristes. Cette disposition ne vise toutefois pas les personnes nées en Belgique, au contraire du projet du gouvernement qui souhaite l’étendre aux belges de deuxième et troisième génération. 

Comparaison n'est pourtant pas raison

À noter que cette mesure, aussi arbitraire soit-elle, ne justifie en aucun cas une comparaison aux lois anti-juives du régime nazi et aux mesures mises en place par Vichy concernant la déchéance de nationalité des français Juifs (en référence aux propos tenus par le Ministre-Président de la Région de Bruxelles Capitale). D’une part cette déchéance fondée sur un critère racial – fer de lance du pouvoir nazi et que Vichy a un moment imaginé avec le principe de « tri raciste » (mais l’a abandonné) - serait aujourd’hui clairement impossible car illégale (loi anti-discrimination de 2007). D’autre part cette analogie n’est pas une voie constructive pour faire entendre la crainte d’un grand nombre de citoyens face à des choix politiques qui remettent en question nos libertés fondamentales. Pas plus que les réactions d’autres femmes et hommes politiques à sa déclaration, qui ont utilisé des amalgames tout aussi peu constructifs.

Le contexte actuel, les esprits échauffés et l’inquiétude ambiante ouvrent une porte aux amalgames douteux qui attisent les peurs et les idéologies nauséabondes. Restons vigilants !

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