Vive inquiétude au lendemain du triple scrutin électoral du 25 mai 2014

urne-votePas de naïveté !

S’il faut se réjouir de l’effondrement entamé depuis les élections communales de 2006 des partis représentant la droite extrême (et principalement le Vlaams Belang – ex Vlaams Blok dans notre pays), nous devons néanmoins rester lucides. Les progressions quasi généralisées de certaines formations extrémistes ou qui constituent une nouvelle mouvance radicale doivent une fois de plus nous rendre très vigilants.

Pas question de « chanter victoire » ou de minimiser l’impact de tels résultats. Partout en Europe (France, Autriche, Allemagne, Grèce, Pays-Bas, la Hongrie, la Suisse, l’Italie, etc.) la banalisation de certaines idéologies fondées sur le rejet, les exclusions ou la haine fait croire à de nombreux citoyens que des réponses simples existent et qu’il est possible de changer les choses en accordant sa voix à des formations politiques dont ils seraient les premières victimes. Les thèmes récurrents de l’insécurité, de l’immigration, de l’antipolitisme, du populisme, du pipolisme … la stigmatisation de boucs émissaires qui seraient responsables de tous les dysfonctionnements de notre société, le racisme, la xénophobie, l’antisémitisme, le communautarisme, … tous ces thèmes et bien d’autres sont en train de pervertir le discours ambiant en brouillant nos propres représentations. Face à la force de ces résurgences (qui ne sont pas nouvelles mais dont l’importance croît sans cesse), la réponse démocratique traditionnelle semble perdre de sa crédibilité.

Et demain ?

Notre pays n’est évidemment pas épargné par ces inquiétantes manifestations. Quelles que soient les majorités qui se mettront en place dans les prochains jours, peut-on encore sérieusement refuser de prendre en compte la montée en puissance de certains partis nationalistes, populistes, extrémistes, radicaux. Mais ce faisant, comment arriverons-nous à garantir les fondements de notre démocratie ? A l’inverse, en les rejetant, comment éviter les effets dévastateurs d’une victimisation qui renforcerait encore leur importance.

Devoir ou droit ?

Faut-il rappeler que le vote (qui est heureusement une obligation dans quelques pays européens) a été acquis de haute lutte et est avant tout l’une des expressions majeures de l’exercice de la citoyenneté. D’une part, nous ne considérerons jamais que l’abstentionnisme ou l’absentéisme constituent des réponses adéquates pour réagir contre les faiblesses ou les déficits d’un système politique qui est aujourd’hui gravement menacé ; d’autre part, nous déplorons les pannes informatiques graves qui ont jeté sur ce mode de scrutin un sérieux doute quant à sa fiabilité. L’exercice démocratique s’en est trouvé affaibli et nous en redoutons les conséquences sur les scrutins à venir.

Résistons !

C’est pourquoi, les Territoires de la Mémoire asbl en appelle à nouveau à une vigilance de tous les instants et à l’exercice d’une citoyenneté active et démocratique. Dans ce contexte de grande incertitude et d’urgence, jamais les actions de notre association et celles de nos partenaires n’ont été autant pertinentes. Aujourd’hui, nous sommes les plus nombreux à ne pas tomber dans le piège des idées simplistes, des amalgames réducteurs et des solutions apparemment toutes faites. Le succès de la campagne TRIANGLE ROUGE marque l’importance pour des citoyens de plus en plus nombreux d’afficher un symbole de résistance à toutes ces idées qui nuisent à notre liberté. Le porter, c’est déjà un véritable acte d’engagement. Ne devenons jamais de simples spectateurs étrangers à ce qui nous arrive.

Les acteurs de l’histoire, c’est vous !