Coronavirus : Les Territoires de la Mémoire exigent de la proportionnalité dans les interventions policières

Coronavirus : Les Territoires de la Mémoire exigent de la proportionnalité dans les interventions policières

L’actualité quotidienne évoque des interventions policières pour contrôler le respect des règles sanitaires destinées à lutter contre la pandémie de coronavirus. Sans se prononcer sur les cas particuliers, les Territoires de la Mémoire s’associent à l’initiative du Centre d’Action Laïque : l’association tient à exprimer sa vive préoccupation face à la perte de confiance croissante de la population à l’égard de la force publique.

Cette confiance dépend de la façon d’exercer le monopole de la force dont bénéficie la police. Personne ne doute du besoin que les règles édictées doivent être respectées. Mais la manière et le respect de quelques principes essentiels comptent. La police a un rôle essentiel dans notre société mais, disposant de pouvoirs importants (droit d’arrestation et de contrôle…), il est normal que son action respecte un cadre légal strict.

Il en va ainsi de la proportionnalité de l’usage de la force qu’il convient d’assurer en toutes circonstances. Si les réactions policières apparaissent disproportionnées, c’est la légitimité de l’État qui est mise en cause. Et par ricochet, la stratégie de la lutte contre la pandémie. Plus que jamais, l’exemplarité des forces de l’ordre est nécessaire, en particulier de la part d’un État qui, à certains égards, donne l’impression de faire constamment la leçon aux citoyens : « Soyez sages et vous pourrez aller chez le coiffeur ».

Les Territoires de la Mémoire en appellent à la responsabilité de tous les acteurs, en ce compris des acteurs politiques. Ils regrettent le mutisme de nombreux responsables, semblant cautionner une violence excessive là où il conviendrait d’en appeler à la mesure : les forces de l’ordre sont avant tout des gardiens de la paix.

Les Territoires de la Mémoire s’inquiètent également du fait que l’inviolabilité du domicile – constitutionnellement établie – apparaisse de plus en plus comme un problème plutôt que comme une garantie essentielle. Ils osent espérer qu’il n’entre dans les intentions de personne de remettre ce principe fondamental en question.

Enfin, le nombre de cas de délation semble exploser. Les Territoires de la Mémoire s’interrogent sur les intentions gouvernementales à ce sujet, en particulier dès lors que la note de politique générale de la Ministre de l’Intérieur indique vouloir « donner des impulsions à diverses formes de participation et tirer des enseignements des bons exemples dans le domaine du contrôle citoyen, de l’aide à la détection, de la médiation de voisinage ou de la participation de citoyens à la prise de décisions politiques. »

Les Territoires de la Mémoire en appellent à la vigilance, n’ayant par ailleurs rien relevé dans les intentions gouvernementales concernant la lutte contre les violences policières. Il y a pourtant matière à réflexion, notamment dans les exigences posées dans le cadre de la formation initiale et tout au long de la carrière des policiers, à l’occasion desquelles l’association contribue par ailleurs déjà régulièrement avec conviction.