Rencontre

Les Citoyens et Citoyennes du Livre #37 : Bienveillance

« Comment être bienveillant ? », « La pandémie aurait favorisé l’entraide et la bienveillance entre individus », « Métier d’aide-soignant : empathie et bienveillance pour prérequis », « Coopération et bienveillance dans les relations internationales », « Gouvernance par la bienveillance », « Management : recadrer en toute bienveillance »…

Cet échantillon de titres de presse en est révélateur : la « bienveillance » est un concept politique, managérial et médiatique particulièrement en vogue ces derniers temps ! Derrière les extraits, on perçoit pourtant une tension entre différentes conceptions et usages de celle-ci.

Dans un monde régi par l’individualisme et la compétition peu enclin à légitimer l’expression des affects politiques, certaines personnes voient en la bienveillance un rouage essentiel de compréhension, d’empathie, de solidarité, et d’entraide.

Cependant, comme l’illustre également les titrailles du début, la bienveillance peut être aussi un bon exemple contemporain de torsion du langage… un mot à la signification pervertie pour ainsi devenir un instrument du/de pouvoir. Difficile en effet de critiquer ou de s’opposer à un pouvoir qui se dit « bienveillant »…

Or, on pourra observer que cette « politique de la bienveillance » déraille quand, à la faveur des crises, comme cela a pu être le cas avec le mouvement des Gilets jaunes en France auquel le gouvernement n’a trouvé à répondre que par la répression et la violence, de manière assez bien assumée d’ailleurs. Et que dire des licenciements massifs, des coupes dans les pensions et les budgets des services publics et des soins de santé… ? Est-ce là une politique de la « bienveillance » ?

Comment traduiriez-vous ces deux notions dans vos lectures ? Dans vos fictions ? Vos essais ? Venez partagez cela avec nous !